L'adoption de la loi sur l'action affirmative (Gender Equity) au Ghana, sous le numéro 1121, marque une étape législative majeure pour la représentativité des femmes. Toutefois, le Dr Charity Binka, présidente de l'African Women Leaders Network, souligne que la réussite de ce texte dépendra désormais de sa mise en œuvre effective sur le terrain et de la capacité de la société à briser les barrières structurelles.
Un rôle de vulgarisation pour les médias
Le Dr Binka insiste sur la nécessité de sortir le texte de loi des cercles juridiques pour le rendre accessible à l'ensemble de la population. Elle exhorte les journalistes à traduire les dispositions complexes de l'Acte 1121 dans les langues locales et à les diffuser via les radios communautaires et les émissions de grande écoute. L'objectif est de transformer une norme juridique en un levier de changement social compris par tous les citoyens, condition sine qua non pour que les femmes puissent se saisir pleinement de leurs nouveaux droits.
Surveiller la conformité des institutions
Au-delà de l'information, le corps médiatique est investi d'une mission de contrôle. Le Dr Binka appelle à une vigilance accrue pour identifier les organisations, publiques comme privées, qui se conforment ou non aux exigences de la loi. Par le biais d'enquêtes et de suivis réguliers, les journalistes sont invités à tenir les institutions responsables de leurs engagements. Pour mener à bien cette mission de surveillance, elle souligne qu'une maîtrise approfondie des mécanismes de conformité prévus par la loi est indispensable pour les professionnels des médias.
Déconstruire les stéréotypes dans le débat public
La représentativité ne se limite pas à la loi, elle passe aussi par la visibilité médiatique. Le Dr Binka dénonce une tendance persistante à écarter les femmes des sujets dits « techniques », comme l'économie ou les budgets nationaux, au profit d'intervenants masculins. Elle encourage les médias à promouvoir activement les femmes en tant qu'expertes et leaders, afin de normaliser leur présence dans les espaces de décision. Cette démarche vise à corriger une perception biaisée des compétences, tout en rappelant que l'action affirmative ne remplace pas le mérite, mais vise à lever les obstacles historiques qui empêchent les femmes qualifiées d'accéder à des postes de responsabilité.
Une action collective pour pérenniser les acquis
Le succès de cette réforme repose sur une dynamique de solidarité. Le Dr Binka encourage les femmes de tous les secteurs à collaborer, à se mentorer et à exiger collectivement l'application de la loi. Si l'Acte 1121 a ouvert une porte, c'est l'engagement soutenu des parties prenantes qui garantira que cette opportunité profite aux générations futures, permettant ainsi une participation pleine et entière des femmes au développement national du Ghana.