Le projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 au Sénégal fait l'objet de vives critiques concernant ses arbitrages budgétaires. L'économiste Aliou Diouck pointe du doigt la suppression de 21 milliards FCFA initialement destinés à l'enseignement élémentaire, soulevant des interrogations sur la priorité accordée aux investissements sociaux dans la stratégie financière de l'État.
Un impact direct sur les infrastructures scolaires
Selon les analyses d'Aliou Diouck, le retrait de cette enveloppe budgétaire de 21 milliards FCFA n'est pas sans conséquence concrète pour le système éducatif national. Cette somme représenterait, selon ses estimations, le coût de construction et d'équipement de 46 écoles élémentaires. Une telle réduction de l'investissement public limiterait ainsi la capacité d'accueil du système scolaire pour environ 13 800 enfants âgés de 6 à 7 ans, compromettant potentiellement l'accès à l'instruction pour une partie de la jeunesse.
Arbitrages budgétaires et investissements sociaux
Le débat porte sur la nature réelle des coupes effectuées dans le budget de l'État. Si les autorités mettent en avant des mécanismes de report ou de reprogrammation de projets, l'économiste souligne que des investissements sociaux cruciaux sont bel et bien supprimés. Cette situation contredit, selon lui, les engagements affichés de préserver les secteurs sociaux face aux ajustements budgétaires nécessaires. Le responsable politique insiste sur la nécessité d'une transparence accrue concernant ces choix qui touchent directement les services publics de base.
La pression des engagements internationaux
L'analyse d'Aliou Diouck replace ces coupes budgétaires dans un contexte macroéconomique plus large. Il avance que ces décisions s'inscriraient dans une volonté de restructurer le système d'intervention de l'État pour répondre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI). Ce nouveau programme financier imposerait des contraintes strictes, poussant le gouvernement à revoir ses priorités de dépenses. L'enjeu pour les décideurs est désormais de concilier ces impératifs de rigueur budgétaire avec le maintien des investissements indispensables au développement du capital humain du pays.