La Lettonie fait face à une intensification des tentatives de franchissement illégal de sa frontière orientale, marquée par l'utilisation inédite de tunnels dissimulés. Les autorités lettonnes dénoncent une instrumentalisation systématique des flux migratoires par le régime bélarusse, transformant cette zone en un enjeu de sécurité majeur pour l'ensemble de l'Union européenne.
Des infrastructures souterraines pour contourner la surveillance
La découverte récente de 28 migrants ayant emprunté un tunnel dissimulé sous la mousse, à proximité immédiate de la frontière, constitue la deuxième opération de ce type en quelques semaines. Ce mode opératoire complexe s'ajoute aux 10 000 tentatives de franchissement illégal recensées sur les huit premiers mois de 2026. Bien que la Lettonie ait érigé une clôture sur ses 173 kilomètres de frontière avec le Bélarus, ces passages souterrains illustrent la détermination des réseaux organisés à contourner les dispositifs physiques.
Une stratégie d'instrumentalisation dénoncée par Riga
Pour les autorités lettonnes, cet afflux ne relève pas d'une migration spontanée mais d'une « attaque hybride » orchestrée par le régime d'Alexandre Loukachenko. Le chef du Service national des gardes-frontières, Guntis Pujāts, affirme que les migrants sont acheminés par des véhicules d'État bélarusses et hébergés dans des installations officielles avant d'être poussés vers l'UE. En réponse, le parquet général letton a ouvert une procédure pénale visant des responsables frontaliers bélarusses, qualifiant ces agissements d'activités criminelles délibérées visant à déstabiliser la République de Lettonie.
Une coopération régionale sous tension
La Lettonie, qui sert de pays de transit vers l'Europe de l'Ouest, bénéficie d'un soutien logistique de la Finlande, de l'Estonie et de la Lituanie, avec une coopération similaire attendue avec la Pologne. Malgré l'opération de sécurité « Vilkatis » lancée en août, le pays reste confronté à un déficit d'effectifs, avec un besoin urgent d'environ 200 gardes-frontières supplémentaires. Le président Edgars Rinkēvičs souligne toutefois une prise de conscience croissante au sein du bloc européen : la frontière balte est désormais perçue comme un rempart essentiel pour la sécurité collective de l'Union européenne.