L'enquête sur les allégations de torture formulées par Pape Abdoulaye Touré franchit une étape procédurale majeure avec l'ouverture d'une information judiciaire. Quatre individus, dont des agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar et des vigiles, sont désormais sous le coup d'une procédure pour des faits qualifiés de crimes contre l'humanité.
Une procédure judiciaire exceptionnelle
Le procureur de la République près le tribunal de Dakar a opté pour une co-saisine des premier et deuxième cabinets d'instruction. Cette décision, peu fréquente dans le traitement des dossiers judiciaires, souligne la complexité et l'importance accordée à cette affaire. Alors que le doyen des juges est actuellement en congé, c'est le juge du deuxième cabinet qui est chargé de mener les premières comparutions et de procéder à l'inculpation des quatre suspects interpellés par la Section de recherches de Colobane.
Des faits qualifiés de crimes contre l'humanité
Les investigations, qui ont duré près de deux ans, portent sur des actes de torture présumés qui auraient été perpétrés entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024. Ces poursuites font suite à une plainte déposée par Pape Abdoulaye Touré en septembre 2024. La qualification juridique retenue, celle de crimes contre l'humanité, place ce dossier au cœur des enjeux de protection des libertés publiques et de lutte contre l'impunité au Sénégal.
Le profil des personnes mises en cause
Parmi les quatre personnes arrêtées et présentées au parquet figurent deux agents du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) ainsi que deux vigiles. Ces derniers étaient, au moment des faits dénoncés, au service de l'ancien ministre de la Jeunesse, Pape Malick Ndour. Après avoir fait l'objet d'un second retour de parquet, ces individus doivent désormais répondre devant les magistrats instructeurs. Les auditions à venir seront déterminantes pour établir les responsabilités individuelles de chaque suspect dans le cadre des sévices allégués par le plaignant.