La Sûreté urbaine de Dakar a initié une série d'auditions visant le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, ainsi que plusieurs de ses proches collaborateurs. Cette procédure judiciaire, qui fait suite à une plainte déposée en septembre 2025, se concentre exclusivement sur la régularité du processus électoral ayant conduit à la nomination de l'actuel dirigeant.
Une procédure judiciaire centrée sur le scrutin
L'enquête fait suite à une plainte formulée par Mamadou Kandji, dénonçant des pratiques présumées d'achats de voix et de promesses d'avantages indus lors de l'élection de l'été 2025. Outre le président Abdoulaye Fall, les investigations ciblent Elimane Lam, Moussa Mbaye, Moustapha Bitèye et Ndiambé Diop. Lors de ce scrutin, Abdoulaye Fall avait été élu pour un mandat de quatre ans avec 322 voix, face à son concurrent Mady Touré, qui avait dénoncé des irrégularités dès le second tour. À ce stade, les personnes visées par ces auditions bénéficient de la présomption d'innocence.
L'enjeu de la transparence financière
Bien que la procédure actuelle ne porte pas sur la gestion comptable de la FSF, elle remet en lumière les interrogations sur la transparence des flux financiers au sein de l'instance. Le budget de la fédération est alimenté par des sources multiples, incluant les recettes propres comme le sponsoring et la billetterie, mais surtout par des financements institutionnels majeurs. Le programme Forward 3.0 de la FIFA, par exemple, prévoit pour le cycle 2023-2026 une enveloppe pouvant atteindre 8 millions de dollars par association membre, destinée aux coûts opérationnels et au développement de projets.
La question des mécanismes de contrôle
L'affaire soulève, en creux, la question des garde-fous entourant l'usage des fonds publics et internationaux dans le football national. Si les soupçons d'« avantages indus » évoqués dans la plainte ne constituent pas une accusation de détournement, ils interrogent sur les moyens dont disposent les dirigeants et sur la réalité des mécanismes de surveillance exercés par les instances nationales et internationales. La multiplication des flux financiers, couplée aux enjeux de pouvoir internes, place désormais la gouvernance de la FSF sous une attention particulière des autorités judiciaires sénégalaises.