La Society of Public Interest Lawyers (SPI-LAW) a engagé une action en justice contre le gouvernement fédéral nigérian et la société concessionnaire de l'autoroute Benin-Asaba. Cette procédure vise à contraindre les autorités à sécuriser cet axe stratégique de 125 kilomètres, dont la dégradation avancée met quotidiennement en péril la vie des usagers.
Un bras de fer juridique sur la sécurité routière
Déposée le 11 septembre devant la Haute Cour fédérale d'Abuja, la plainte (référencée FHC/ABJ/CS/2171/2026) cible directement la Benin–Asaba Expressway Concession Company Limited (BAECC), le procureur général de la Fédération et le ministre des Travaux publics. L'organisation requérante demande la résiliation de l'accord de concession et l'exécution immédiate de travaux de réparation sur les sections les plus dangereuses de la voie, invoquant l'obligation constitutionnelle de l'État d'assurer la sécurité et le bien-être des citoyens.
Blocages contractuels et interventions d'urgence
Le litige trouve sa source dans un désaccord persistant entre le ministère des Travaux publics et le concessionnaire. Le ministre David Umahi a affirmé que les clauses contractuelles imposaient l'obtention d'une autorisation préalable du concessionnaire pour toute intervention d'urgence, une permission qui aurait été refusée malgré la dégradation rapide du bitume. Face à cette impasse, le gouvernement a annoncé avoir mandaté des entreprises pour engager des travaux de réparation à ses frais, tout en projetant une reconstruction complète de l'axe en béton armé.
L'enjeu de la continuité du service public
Pour la SPI-LAW, la sécurité des usagers ne saurait être otage d'un différend commercial. L'organisation souligne que cet axe est vital pour les échanges économiques, le transport de marchandises et les services d'urgence. Si la BAECC soutient avoir mené des opérations de maintenance depuis son déploiement en 2025, les plaignants estiment que l'État conserve une responsabilité régalienne inaliénable. La cour devra désormais trancher sur la nécessité d'ordonner des mesures conservatoires pour protéger les automobilistes, dans l'attente d'une réhabilitation structurelle plus vaste lancée initialement en mars 2025.