La Haute Cour fédérale d'Abuja a officiellement reporté au 13 octobre l'audience relative à la requête déposée par l'ancien vice-président Atiku Abubakar et le parti African Democratic Congress (ADC). Cette procédure vise à obtenir l'autorisation de modifier leur plainte initiale contestant l'éligibilité du président Bola Tinubu et de son parti, le All Progressives Congress (APC).
Un litige centré sur l'authenticité d'un certificat
Au cœur de cette affaire judiciaire se trouve une accusation de falsification de certificat. Les plaignants soutiennent que le président Tinubu aurait soumis un faux document de fin de service du National Youth Service Corps (NYSC) à la Commission électorale nationale indépendante (INEC). Par cette action en justice, Atiku Abubakar et l'ADC cherchent à obtenir la disqualification du chef de l'État et de sa formation politique pour l'élection présidentielle de 2027, tout en demandant à l'organe électoral de retirer leurs noms de la liste des candidats.
Désaccords sur la procédure d'amendement
La demande d'amendement, déposée le 10 septembre, fait l'objet d'une vive opposition de la part de la défense. Les plaignants justifient cette démarche par la nécessité de corriger des erreurs matérielles, notamment la référence erronée à un formulaire électoral, et d'intégrer de nouveaux éléments de preuve ainsi qu'une déposition écrite d'Atiku Abubakar. En réponse, les avocats du président Tinubu et de l'INEC soutiennent que ces modifications ne sont pas de simples corrections, mais visent à introduire de nouveaux faits et des questions de droit inédites, ce qui, selon eux, excéderait les délais constitutionnels impartis pour les contentieux pré-électoraux.
Les arguments de la défense sur la recevabilité
Outre l'opposition sur le fond, la défense soulève une question de recevabilité. Les conseils du président soutiennent que l'action est frappée de forclusion, arguant que le délai légal pour contester la candidature a été dépassé. Ils font valoir que le fait générateur de la plainte remonte au 11 juillet, date de la soumission des dossiers à l'INEC, alors que la plainte n'a été enregistrée que le 14 août. Le juge Inyang Ekwo, après avoir confirmé la régularité de la signification des documents entre les parties, a fixé la prochaine audience au 13 octobre pour trancher sur la recevabilité de ces amendements, alors qu'une objection préliminaire de l'INEC sur la compétence globale du tribunal reste également en suspens.