La Haute Cour fédérale d'Abuja a mis fin à la procédure judiciaire engagée par l'acteur nigérian Emeka Ike, qui réclamait 10 milliards de nairas de dommages et intérêts. Le tribunal a jugé la plainte irrecevable, faute de preuves et en raison d'une constitution inappropriée du dossier.
Un litige autour de la protection des données
L'affaire opposait l'acteur, candidat malheureux aux primaires pour la Chambre des représentants, à Lere Olayinka, conseiller spécial du ministre du Territoire de la capitale fédérale, et à la Commission électorale nationale indépendante (INEC). Emeka Ike accusait le conseiller d'avoir divulgué sur le réseau social X des informations confidentielles issues de son inscription sur les listes électorales, notamment son transfert de circonscription. Il estimait que cette publication constituait une violation grave de son droit à la vie privée et à la protection de ses données personnelles, invoquant la Constitution de 1999 et la loi sur la protection des données de 2023.
La défense de l'INEC et la nature des informations
De son côté, l'INEC a fermement rejeté toute responsabilité. La commission a soutenu que les informations en question ne revêtaient aucun caractère confidentiel ou sensible. Selon les représentants de l'organe électoral, la loi impose la publication et la gestion des registres des électeurs, une mission qui autorise la mise à disposition de certaines données au public. L'institution a par ailleurs précisé qu'aucune intrusion externe ou piratage de son infrastructure informatique n'avait été constaté, réfutant ainsi toute faille de sécurité dans son portail de données.
Arguments sur le domaine public
Lere Olayinka a, pour sa part, qualifié la demande de dommages et intérêts de démarche de mauvaise foi. Il a fait valoir que les éléments publiés — son nom et sa photographie — étaient déjà accessibles au public, notamment en raison du statut de personnalité publique de l'acteur et de sa candidature politique. Le conseiller a soutenu que ces informations ne relevaient pas du champ de la confidentialité protégée par la loi. En confirmant le rejet de la plainte, la justice nigériane a validé ces arguments, estimant que le plaignant n'avait pas apporté la preuve d'un préjudice justifiant une telle réparation financière.