La justice nigériane rejette la demande de réouverture de l'enquête sur le décès du musicien Mohbad

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
La justice nigériane rejette la demande de réouverture de l'enquête sur le décès du musicien Mohbad

La Haute Cour fédérale d'Abuja a officiellement mis fin à la procédure judiciaire visant à contraindre la police nigériane à rouvrir l'enquête sur le décès du musicien Ilerioluwa Aloba, plus connu sous le nom de Mohbad. Le juge James Omotosho a rejeté la requête déposée par l'ONG « Registered Trustees of Break the Silence Foundation », estimant que celle-ci ne reposait sur aucun fondement juridique solide ni sur des preuves tangibles.

Un manque de preuves et de légitimité

Dans son jugement rendu ce jeudi, le magistrat a souligné que l'organisation requérante ne possédait pas la qualité pour agir dans ce dossier. Le tribunal a particulièrement insisté sur l'absence du rapport de la première enquête policière dans le dossier soumis par l'ONG. Sans ce document, il était impossible pour la cour de vérifier les allégations selon lesquelles certains proches du défunt, notamment son épouse et son père, n'auraient pas été correctement auditionnés par les autorités. Le juge Omotosho a qualifié la démarche de « spéculative » et dénuée de mérite, rappelant que la justice ne peut se fonder sur de simples conjectures.

Rappel à l'ordre pour la profession juridique

Au-delà du rejet de la plainte, le juge a profité de cette audience pour adresser une mise en garde sévère aux avocats impliqués dans l'affaire. Il a fermement condamné la pratique consistant à commenter des dossiers en cours devant les tribunaux via les réseaux sociaux ou les médias. Selon le magistrat, ces interventions publiques nuisent à la sérénité des débats judiciaires et peuvent influencer indûment l'opinion publique. Il a prévenu que le tribunal n'hésiterait pas à user de ses pouvoirs de sanction pour outrage à magistrat si de tels comportements se reproduisaient.

La fin d'une procédure contestée

L'affaire, enregistrée sous la référence FHC/ABJ/CS/363/2026, visait directement l'Inspecteur général de la police, les forces de police nigérianes et le commissaire de police de l'État de Lagos. Malgré l'autorisation initiale accordée à l'ONG pour engager cette procédure de révision judiciaire, le dossier n'a pas résisté à l'examen de fond. Le décès de l'artiste, survenu le 12 septembre 2023 à Lagos, reste un sujet sensible, mais la justice nigériane a ici clairement signifié que toute demande de réouverture d'enquête doit impérativement s'appuyer sur des éléments probants et une procédure rigoureuse.

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