La Haute Cour fédérale d'Abuja a prononcé, ce jeudi 5 novembre, l'annulation de l'investiture d'Atiku Abubakar en tant que candidat du Congrès démocratique africain (ADC) pour l'élection présidentielle du 16 janvier 2027. Cette décision judiciaire, qui fragilise la stratégie de l'opposition, découle d'un conflit interne persistant concernant la légitimité de la direction actuelle du parti.
Un contentieux interne sur la direction de l'ADC
Le fondement juridique de cette annulation repose sur une querelle de leadership au sein de l'ADC. La Haute Cour a invalidé la direction du parti actuellement menée par David Mark, laquelle était contestée par Nafiu Bala Gombe. Par voie de conséquence, tous les actes posés par cette instance, incluant l'investiture d'Atiku Abubakar, ont été frappés de nullité. Face à ce revers, le porte-parole de l'ADC, Bolaji Abdullahi, a immédiatement annoncé l'intention du parti de faire appel de cette décision.
Tensions politiques et accusations d'ingérence
L'annonce de ce jugement a ravivé les tensions entre les forces politiques en présence. L'ADC dénonce une manœuvre visant à affaiblir l'opposition et pointe du doigt une implication supposée du Congrès des progressistes (APC), le parti au pouvoir. Ces allégations ont été formellement réfutées par Daniel Bwala, porte-parole du président sortant Bola Tinubu, qui assure que le pouvoir exécutif n'est aucunement lié à cette procédure judiciaire.
Un impact direct sur la campagne électorale
Cette décision intervient alors qu'Atiku Abubakar venait tout juste de lancer sa campagne dans l'État de Sokoto, au nord-ouest du pays. L'opposant, qui avait axé son programme sur le rétablissement de la sécurité et la réintroduction des subventions sur les carburants pour répondre à la crise du coût de la vie, se retrouve désormais dans une situation d'incertitude juridique majeure. Sa candidature, initialement validée par la Commission électorale nationale indépendante, plaçait le ticket Atiku-Amaechi parmi les principaux concurrents du président sortant Bola Tinubu et de Peter Obi, candidat du Congrès démocratique national (NDC), à moins de soixante-dix jours du scrutin.