La Haute Cour d'Awka, dans l'État d'Anambra, a condamné Ekene Igboekweze, un praticien traditionnel localement connu sous le nom de « Eke Hit », à une peine de six ans d'emprisonnement. Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de durcissement législatif contre les pratiques occultes liées à l'enrichissement illicite et à la criminalité.
Application de la loi sur la sécurité intérieure
La condamnation d'Ekene Igboekweze fait suite à son arrestation en février 2025 par des unités de vigilance locales. Cette interpellation s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la loi sur la sécurité intérieure de l'État d'Anambra (Anambra State Homeland Security Law 2025), promulguée par le gouverneur Charles Soludo. Ce texte législatif interdit formellement aux praticiens traditionnels de prétendre pouvoir générer de la richesse par des rituels, tels que le « Oke Ite », et proscrit la confection de charmes destinés à faciliter des activités criminelles.
Le verdict de la Haute Cour d'Awka
Le juge Jude Obiora a reconnu l'accusé coupable sur deux des trois chefs d'accusation retenus contre lui, notamment pour conspiration et implication dans des rituels financiers. La peine prononcée, qui inclut le temps déjà passé en détention préventive, sera purgée de manière concomitante sans possibilité d'amende. Le tribunal a toutefois relaxé le prévenu sur le troisième chef d'accusation, estimant que les preuves n'étaient pas suffisantes pour établir sa culpabilité sur ce point précis.
La défense face aux preuves numériques
Lors de son procès, Ekene Igboekweze a tenté de justifier ses activités en se présentant comme un herboriste enregistré, membre de l'Association traditionnelle Odinani Okija. Il a soutenu que les vidéos virales ayant conduit à sa notoriété sur les réseaux sociaux étaient antérieures à l'entrée en vigueur de la loi de 2025. Malgré ses plaidoyers pour la clémence, invoquant sa situation familiale et la naissance récente de ses triplés, la justice a estimé que l'accusation avait apporté des preuves suffisantes pour justifier une condamnation ferme, marquant ainsi une volonté des autorités locales de réguler strictement les pratiques traditionnelles dans l'espace public.