La lutte contre la prolifération des produits alimentaires falsifiés au Nigeria franchit une étape judiciaire majeure. La justice a condamné Innocent Okoye, dirigeant de Chikason Industrial Nigeria Limited, à cinq ans d'emprisonnement pour la fabrication et la commercialisation frauduleuse d'huile d'olive contrefaite.
Une condamnation exemplaire à Aba
Le verdict a été rendu le 28 octobre 2026 par le juge K. O. Ogundare de la Haute Cour fédérale d'Umuahia, dans l'État d'Abia. L'accusé, reconnu coupable sur deux chefs d'inculpation, s'est vu infliger une peine de cinq ans de prison, assortie d'une option d'amende de 5 millions de nairas. Cette décision fait suite à une enquête approfondie menée par la Direction des investigations et de l'application de la loi de la NAFDAC, l'agence nationale de contrôle des produits alimentaires et pharmaceutiques, qui avait démantelé en avril 2026 une unité de production clandestine située à Aba.
Les risques sanitaires d'une fraude organisée
L'enquête a révélé un système sophistiqué visant à tromper les consommateurs en exploitant la notoriété de marques établies. Dès janvier 2026, la NAFDAC avait alerté sur la circulation d'huile « Goya » conditionnée dans des bouteilles en plastique PET, alors que le produit authentique est exclusivement importé dans des contenants en verre. À Lagos, les autorités avaient découvert des installations où de l'huile de palme était traitée avec des colorants chimiques avant d'être étiquetée frauduleusement. Ces pratiques exposent les populations à des substances non déclarées et à des contaminants dont la composition réelle échappe à tout contrôle sanitaire.
Renforcement de la vigilance sur les marchés
Au-delà de la violation des droits de propriété intellectuelle, cette affaire souligne la vulnérabilité des circuits de distribution face aux imitations. La NAFDAC insiste sur le fait que la sécurité des consommateurs ne peut reposer uniquement sur la reconnaissance visuelle des marques. L'agence appelle désormais à une coopération accrue entre les commerçants, les organisations de la société civile et les forces de l'ordre pour assainir la chaîne d'approvisionnement. Pour les autorités nigérianes, cette condamnation marque une volonté d'intensifier les opérations de surveillance et de poursuites judiciaires contre les acteurs qui compromettent la santé publique au profit de gains illicites.