La Haute Cour d'Anambra, siégeant à Awka, a condamné le guérisseur traditionnel Ekene Igboekweze, alias « Eke Hit », à une peine de 12 ans de réclusion criminelle. Cette décision judiciaire marque une étape significative dans l'application de la nouvelle législation sécuritaire de l'État visant à réprimer les pratiques occultes liées au grand banditisme.
Une condamnation sous le prisme de la loi sécuritaire
Le juge Jude Obiora a prononcé deux peines de six ans de prison, assorties d'une exécution simultanée, sans possibilité d'amende. Ekene Igboekweze a été reconnu coupable de conspiration et de participation à des activités liées à l'enlèvement et à la confection de talismans protecteurs destinés à des criminels. Cette condamnation s'inscrit dans le cadre de la loi sur la sécurité intérieure de l'État d'Anambra, promulguée en 2025 par le gouverneur Chukwuma Soludo, qui interdit formellement aux praticiens traditionnels de promouvoir des rituels d'enrichissement illicite ou de fournir des protections mystiques aux hors-la-loi.
La défense face aux preuves numériques
Lors de son procès, l'accusé, originaire d'Okija, a tenté de justifier ses activités en se présentant comme un herboriste enregistré, membre de l'association traditionnelle Odinani Okija. Il a soutenu que les vidéos virales ayant conduit à son arrestation étaient antérieures à l'entrée en vigueur de la loi de 2025. Cependant, le tribunal a estimé que l'accusation avait apporté des preuves suffisantes pour établir sa culpabilité sur deux des trois chefs d'accusation retenus, balayant ainsi ses arguments de défense.
Contexte de répression des pratiques occultes
L'arrestation d'Igboekweze en février 2025, menée par l'unité de sécurité étatique Agunechemba, fait suite à une offensive plus large des autorités contre les guérisseurs utilisant leur influence pour faciliter des activités criminelles. Si le condamné a plaidé pour la clémence en invoquant sa situation familiale, le tribunal a maintenu la sévérité de la peine. Parallèlement, la gestion de ces dossiers par l'État présente des nuances : un autre praticien, Chidozie Nwangwu, condamné précédemment, a récemment bénéficié d'une grâce présidentielle et d'une nomination en tant qu'ambassadeur de la jeunesse, illustrant une approche étatique oscillant entre répression judiciaire et réinsertion symbolique.