La Haute Cour de l'État de Lagos a prononcé, le 3 septembre 2026, une peine de sept ans d'emprisonnement ferme à l'encontre de cinq individus reconnus coupables d'une vaste escroquerie. Cette affaire, qui remonte à 2009, visait la société Chi Limited et portait sur un préjudice financier total de 117,7 millions de nairas.
Un mécanisme de fraude par faux prétextes
L'enquête, menée par la direction zonale de la Commission des crimes économiques et financiers (EFCC), a mis en lumière un stratagème sophistiqué de falsification et d'obtention de fonds par de faux prétextes. Les condamnés — Yinka Salawu, Joshua Oluremi Daramola, Raji Ahmed, Afolabi Israel Olusegun et Muraina Olanrewaju Abdullahi — avaient soutiré plus de 81 millions de nairas à l'entreprise en prétendant fournir des biens et services qui n'ont jamais été livrés. Au total, ce sont six chefs d'accusation, incluant la conspiration et le faux, qui ont été retenus contre eux au terme d'un procès ayant nécessité l'audition de 17 témoins.
La décision de la Haute Cour de Lagos
La juge K.A. Jose a tranché en condamnant les cinq accusés à sept ans de prison sans possibilité d'amende. La magistrate a toutefois précisé que le temps déjà passé en détention provisoire serait déduit de la peine totale. Si cinq des prévenus ont été reconnus coupables, trois autres individus impliqués dans le dossier initial ont été acquittés et libérés par la cour, faute de preuves suffisantes.
L'enjeu de la restitution des fonds
Au-delà de la peine privative de liberté, la justice a ordonné la restitution intégrale des sommes détournées à la société Chi Limited, conformément aux dispositions de la loi sur l'administration de la justice pénale. Le conseil de l'accusation a plaidé pour que cette réparation soit facilitée par la saisie et la vente de biens appartenant aux condamnés. Cette décision marque l'aboutissement d'une procédure judiciaire de longue haleine, soulignant la volonté des autorités nigérianes de renforcer la répression des crimes financiers en milieu d'entreprise.