La Haute Cour fédérale d'Abuja a ordonné que le président nigérian Bola Tinubu soit notifié, sous un délai de sept jours, d'une procédure judiciaire visant à contester son éligibilité pour l'élection présidentielle de 2027. Cette décision, rendue par le juge Inyang Ekwo, autorise une notification par substitution via le parti au pouvoir, le All Progressives Congress (APC), marquant une étape procédurale clé dans ce contentieux électoral.
Les fondements de la contestation judiciaire
L'action en justice a été initiée par Atiku Abubakar, ancien vice-président et candidat de l'African Democratic Congress (ADC). Au cœur de sa requête, une accusation de falsification de documents : le plaignant soutient que le président Tinubu a soumis à la Commission électorale nationale indépendante (INEC) un certificat de service national (NYSC) portant le nom de « Tinubu Bola Adekunle », un document qu'il qualifie de frauduleux. La plainte demande à la cour de déclarer le président inéligible, arguant que cette irrégularité, qui remonterait à sa candidature au poste de gouverneur de Lagos en 1999, contrevient aux dispositions constitutionnelles sur l'intégrité des candidats.
Complexités procédurales et défense
Le dossier révèle une situation juridique complexe, notamment en ce qui concerne la représentation du chef de l'État. Deux éminents avocats, Akin Olujinmi et Wole Olanipekun, ont déposé des requêtes distinctes au nom du président, contestant la compétence du tribunal et la recevabilité de l'action. La défense soutient que la plainte est frappée de forclusion, les délais légaux pour contester les documents soumis à l'INEC étant dépassés. Par ailleurs, les avocats du président ont exprimé leur volonté de recevoir les actes de procédure pour assurer le droit à une défense équitable, tout en qualifiant la démarche des plaignants d'abus de procédure.
Enjeux autour de la régularité des candidatures
De son côté, l'INEC a également déposé des recours pour demander le rejet pur et simple de la plainte. Alors que le tribunal doit entamer l'examen du fond de l'affaire, les plaignants ont sollicité des amendements techniques, notamment pour corriger une erreur de référence sur le formulaire électoral incriminé. Cette affaire souligne les tensions persistantes autour de la transparence des processus de sélection des candidats au Nigeria et met en lumière les défis posés par le contrôle judiciaire des qualifications académiques et administratives des prétendants à la magistrature suprême.