Le Parlement de l'État de Kwara, au Nigeria, a déclaré vacants les sièges de deux députés ayant rejoint le Parti démocratique populaire (PDP), après leur départ de l'All Progressives Congress (APC). Une décision fondée sur la Constitution nigériane, qui pourrait renforcer la discipline partisane dans un contexte politique tendu.
Deux députés sanctionnés pour changement de parti
Saba Gideon, représentant de la circonscription d'Edu, et Olusola Odetundun, élu dans la circonscription d'Irepodun, ont vu leurs sièges déclarés vacants par l'Assemblée de Kwara. Leur départ de l'APC, parti au pouvoir, vers le PDP, a déclenché une procédure légale initiée par le président de l'APC de l'État, Sunday Fagbemi. Ce dernier a invoqué l'article 109 (1g) (2) de la Constitution nigériane de 1999, qui encadre les conditions de désaffiliation des élus.
La Constitution nigériane comme rempart contre les transfuges
Le leader de l'Assemblée, Abdulkadir Magaji, a rappelé que la Constitution stipule qu'un député élu sous l'étiquette d'un parti ne peut rejoindre un autre parti pendant la durée de son mandat, sauf en cas de division interne au sein de son parti d'origine. Les deux députés, élus sous la bannière de l'APC, n'ont pas invoqué de scission au sein de leur parti initial, rendant leur changement d'allégeance inconstitutionnel. Cette interprétation a été soutenue par plusieurs autres députés, dont Abolarin Gabriel, Ganiyu Salahu et Oguniyi Seun, qui ont défendu la vacance des sièges lors des débats parlementaires.
Un précédent qui interroge la stabilité politique
La décision du Parlement de Kwara pourrait avoir des répercussions au-delà de l'État, alors que le Nigeria se prépare pour les prochaines élections. Elle rappelle que la discipline partisane reste un enjeu majeur dans un système politique où les transferts de députés entre partis sont fréquents. Cette application stricte de la loi pourrait inciter d'autres assemblées à adopter une position similaire, limitant ainsi les stratégies de débauchage politique souvent utilisées pour affaiblir l'opposition ou consolider le pouvoir. Une question se pose désormais : cette décision marquera-t-elle le début d'une ère de plus grande rigidité dans la gestion des affiliations politiques au Nigeria ?