La justice militaire américaine a officiellement écarté les aveux de Khalid Cheikh Mohammed, considéré comme le cerveau des attentats du 11-Septembre, jugeant que ces déclarations ont été obtenues sous la contrainte. Cette décision marque un tournant majeur dans une procédure judiciaire complexe, alors que l'ouverture du procès des accusés est désormais programmée pour juin 2028.
L'irrecevabilité des preuves par la torture
Le lieutenant-colonel Michael Schrama, juge en charge du dossier, a conclu que l'accusation n'a pas pu démontrer que les déclarations faites par l'accusé au FBI avaient été recueillies de son plein gré. Khalid Cheikh Mohammed, capturé en 2003, a été soumis à des méthodes d'interrogatoire brutales dans des prisons secrètes de la CIA, incluant 183 séances de simulation de noyade. Le magistrat a estimé que ces sévices ont instauré un conditionnement psychologique persistant, invalidant non seulement les aveux initiaux, mais également ceux recueillis ultérieurement à Guantánamo en 2007.
Les manquements procéduraux du FBI
Au-delà de l'usage de la torture, le juge a souligné des failles procédurales graves de la part des agents fédéraux. Ces derniers ont délibérément omis de notifier au détenu ses droits fondamentaux, notamment le droit de garder le silence, le droit à l'assistance d'un avocat et l'avertissement concernant l'utilisation de ses propos dans le cadre d'un futur procès. Ces manquements renforcent la fragilité du dossier de l'accusation, qui peine à établir des preuves recevables depuis plus de deux décennies.
Un procès fixé à l'horizon 2028
Cette décision intervient alors que le calendrier judiciaire a été précisé : le procès de Khalid Cheikh Mohammed et de trois autres coaccusés est désormais fixé au 5 juin 2028. Ces hommes, parmi les derniers détenus de la base de Guantánamo, sont poursuivis pour terrorisme et le meurtre de près de 3 000 personnes. L'enjeu de cette procédure reste l'équilibre entre la nécessité de rendre justice pour les victimes des attentats de 2001 et le respect des standards juridiques internationaux concernant les droits des accusés, un dilemme qui a longtemps paralysé l'avancement de ce dossier.