Face à la recrudescence de l'absentéisme scolaire, les autorités judiciaires guinéennes ont engagé une politique de répression directe visant les élèves et leurs familles. À Conakry comme à Kankan, la police multiplie les interpellations d'enfants surpris hors des établissements scolaires pendant les heures de cours, marquant un tournant coercitif dans la gestion de l'assiduité scolaire.
Une stratégie répressive déployée sur le terrain
L'initiative, impulsée par le procureur de Kankan le 19 octobre dernier, cible spécifiquement les élèves qualifiés de « vagabonds ». Les autorités justifient ces interventions par la nécessité de lutter contre des comportements déviants, tels que la fréquentation de débits de boissons, la consommation de substances illicites ou l'usage excessif des réseaux sociaux durant le temps scolaire. La police spécialisée dans la protection des mineurs est en première ligne de ces opérations, qui ont conduit à l'arrestation d'au moins une dizaine d'élèves en quelques jours, dont huit interpellations recensées à Kankan le 2 novembre 2026.
Travaux d'intérêt général et sanctions parentales
La réponse judiciaire ne se limite pas à l'interpellation. À Kankan, les élèves appréhendés sont contraints d'effectuer des travaux d'intérêt général, notamment le nettoyage de bâtiments publics. Parallèlement, la justice a étendu son action aux responsables légaux. Les parents d'élèves absents sont convoqués pour être sensibilisés à leurs obligations, mais la procédure peut aller jusqu'à des poursuites judiciaires. À Conakry, le tribunal pour enfants a déjà fait comparaître une vingtaine de parents, ces derniers s'exposant désormais à des amendes pour défaut de surveillance de l'assiduité de leurs enfants.
Un dispositif sous haute surveillance
Si cette méthode radicale vise à restaurer l'ordre dans le système éducatif, elle soulève des questions sur la gestion des libertés publiques et la nature des sanctions imposées aux mineurs. L'application de ces mesures, initiée à Kankan, a été rapidement adoptée par la capitale, Conakry, avec une sévérité accrue. L'évolution de ces poursuites judiciaires contre les parents et l'impact réel de ces interpellations sur le taux de fréquentation des salles de classe constituent désormais les points de vigilance majeurs pour les observateurs de la politique éducative nationale.