La chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a rendu son verdict dans le dossier opposant l'État guinéen à l'ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané. Si l'ancien dignitaire du régime d'Alpha Condé a été relaxé des charges de détournement de deniers publics, il a été reconnu coupable d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, entraînant une condamnation financière majeure au profit du Trésor public.
Une condamnation financière record pour l'État
Au terme de la procédure en appel, la justice a ordonné à Dr Mohamed Diané de verser la somme globale de 300 milliards de francs guinéens à l'État, constitué partie civile. À cette réparation civile s'ajoute une amende pénale de 3 milliards de francs guinéens. Cette décision marque une étape significative dans les poursuites engagées par les autorités judiciaires contre les anciens cadres du régime déchu, visant le recouvrement des avoirs présumés mal acquis.
Peine de prison et requalification des faits
Bien que la cour ait écarté l'accusation initiale de détournement de deniers publics, la culpabilité retenue pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux a conduit à une peine privative de liberté. L'ancien ministre a été condamné à quatre ans et huit mois d'emprisonnement, une peine légèrement révisée par rapport aux cinq années prononcées en première instance. Ce verdict illustre la complexité des dossiers traités par la CRIEF, qui cherche à établir la responsabilité pénale des anciens gestionnaires de la chose publique.
La réaction de l'Agent judiciaire de l'État
Me Pépé Antoine Lamah, représentant l'Agent judiciaire de l'État, a officiellement pris acte de cet arrêt rendu le 15 octobre 2026. Tout en soulignant que la cour a reconnu le bien-fondé de l'action de l'État en lui allouant les dommages et intérêts réclamés, le conseil a indiqué qu'il rendrait compte aux autorités compétentes avant de décider de la suite à donner à cette procédure. Cette déclaration laisse ouverte la possibilité d'une analyse approfondie des motivations de l'arrêt, notamment sur les chefs d'accusation pour lesquels la relaxe a été prononcée.