Le procès Skytrain, qui oppose d’anciens dirigeants du Fonds ghanéen d’investissement dans les infrastructures (GIIF), peut désormais reprendre après le rejet par la Cour suprême d’une demande d’injonction visant à le suspendre.
Une demande d’injonction rejetée par la Cour suprême
La Cour suprême du Ghana a définitivement balayé, le 31 août 2026, la requête de Solomon Asamoah, ancien directeur général du GIIF et premier accusé dans l’affaire Skytrain. Ce dernier avait sollicité une injonction interlocutoire pour stopper le procès en attendant l’examen de son recours en *certiorari*, visant à contester la décision du tribunal de première instance ayant rejeté sa demande de *no case to answer* après la clôture des débats à charge.
Dans son arrêt, la Cour a estimé que les arguments d’Asamoah, fondés sur des affidavits, ne démontraient pas l’existence d’un préjudice irréparable en cas de poursuite du procès. Les juges ont également rappelé que les questions soulevées relevaient davantage d’un appel que d’une suspension immédiate des procédures. La décision confirme ainsi la légitimité de la procédure engagée par le tribunal de première instance.
Un procès qui s’accélère malgré les manœuvres dilatoires
Cette décision ouvre la voie à la reprise des audiences devant la Haute Cour, où Asamoah et son coaccusé, le professeur Christopher Ameyaw Ekumfi – ancien président du conseil d’administration du GIIF –, sont jugés pour avoir autorisé un paiement de 2 millions de dollars dans le cadre du projet Skytrain sans l’aval du conseil d’administration. Le second accusé a d’ailleurs déposé une nouvelle demande de suspension des procédures, qui sera examinée par la Cour d’appel le 1er septembre 2026.
Parallèlement, la Haute Cour a fixé au 23 septembre 2026 la date limite pour le dépôt des défenses des accusés, si ces derniers choisissent de répondre aux accusations. Cette échéance marque une étape clé dans un dossier où les stratégies juridiques des prévenus semblent davantage viser à retarder le procès qu’à contester les faits reprochés.
Quels enjeux pour la gouvernance publique au Ghana ?
Au-delà des péripéties judiciaires, cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des hauts fonctionnaires dans la gestion des fonds publics. Le projet Skytrain, initialement présenté comme un levier de développement des transports au Ghana, est au cœur d’une polémique financière majeure. Les décisions rendues par les tribunaux pourraient établir un précédent sur l’indépendance de la justice face aux manœuvres dilatoires des élites économiques et politiques.
Alors que le procès entre dans une phase décisive, les observateurs s’interrogent sur l’impact de ces verdicts sur la transparence des institutions ghanéennes et la confiance des citoyens dans les mécanismes de contrôle des dépenses publiques.