Le ministère public ghanéen a officiellement clos ses réquisitions dans le procès opposant l'État à Kwabena Adu-Boahene et deux autres prévenus. Ces derniers sont poursuivis pour vol, blanchiment d'argent et préjudice financier à l'encontre d'une agence publique, portant sur une somme totale de 49,1 millions de cédis.
Les preuves accablantes du ministère public
Pour étayer ses accusations, l'accusation a fait défiler quatre témoins devant la cour. Les témoignages ont mis en lumière des irrégularités majeures dans les procédures financières de l'agence concernée. Selon le responsable financier de l'institution, les chèques émis ne correspondaient à aucun compte officiel de l'agence et aucun système de cyberdéfense — justifiant officiellement le décaissement — n'a jamais été commandé ni reçu. Les preuves documentaires, incluant des relevés bancaires et des documents d'incorporation de sociétés privées, suggèrent que les fonds ont été détournés vers des investissements immobiliers et des comptes personnels.
Le rôle des intermédiaires financiers
Le procès a révélé l'implication de collaborateurs proches des accusés dans la gestion des flux financiers. Le chauffeur de la famille et un employé chargé des affaires personnelles du couple ont décrit un système complexe de transferts de fonds. Ces témoignages ont mis en évidence l'utilisation de comptes tiers et de sociétés écrans pour dissimuler l'origine des sommes. Un rapport de transaction suspecte, émis par une institution bancaire avant la fermeture d'un compte par M. Adu-Boahene, figure également parmi les éléments clés versés au dossier par l'enquêteur de l'EOCO.
La défense face à l'accusation de détournement
Face à ces charges, Kwabena Adu-Boahene soutient que les fonds n'ont pas été détournés à des fins privées, mais qu'ils étaient destinés à l'acquisition d'un système de cyberdéfense pour le compte de l'État. Cette ligne de défense se heurte toutefois aux éléments présentés par le ministère public, qui affirme que les factures produites par l'accusé étaient liées à des équipements totalement différents, déjà acquis par l'agence lors d'une procédure distincte.
Prochaines étapes de la procédure judiciaire
La clôture de l'instruction marque une étape charnière du procès. Les accusés disposent désormais jusqu'au 25 septembre 2026 pour déposer une requête de non-lieu. Le ministère public aura ensuite un délai de 14 jours pour répondre à ces arguments. L'audience a été ajournée au 5 novembre 2026, date à laquelle la cour devrait statuer sur la suite des débats.