Le tribunal judiciaire de Paris a débouté l'ancien président sénégalais Macky Sall dans sa procédure visant à faire bloquer le site nonamacky.org. Cette décision, rendue le 9 septembre 2026, confirme la liberté de diffusion de la plateforme qui documente les deux mandats de l'ex-chef d'État dans le cadre de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies.
Un revers judiciaire sur le droit à l'information
Macky Sall avait assigné l'hébergeur du site ainsi que les principaux fournisseurs d'accès à Internet en France, tels qu'Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free. Il exigeait le blocage de l'accès à la plateforme et l'interruption de ses services techniques, invoquant des atteintes à son droit à l'image et le caractère diffamatoire de certains contenus. Les magistrats parisiens ont toutefois rejeté l'ensemble de ces demandes. Le tribunal a estimé que les critiques formulées, bien que sévères, s'inscrivent dans un débat d'intérêt général lié à une candidature à une haute fonction internationale, protégeant ainsi la libre circulation de l'information.
La distinction entre critique politique et attaque personnelle
Dans son jugement, la juridiction a opéré une distinction fondamentale entre les attaques personnelles et les critiques portant sur la gestion des institutions sénégalaises entre 2012 et 2024. Les juges ont relevé que de nombreux faits dénoncés par le site, notamment ceux relatifs aux violences lors de manifestations, aux dossiers financiers ou aux violations constitutionnelles, étaient imputés à l'appareil d'État. Pour le tribunal, le fait que ces événements se soient produits sous le mandat de Macky Sall ne suffit pas à caractériser une atteinte illicite justifiant une censure. La qualification de l'ancien dirigeant comme « inapte » à la fonction onusienne a été interprétée comme un jugement de valeur critique, inhérent au débat démocratique.
Un contexte diplomatique sous haute tension
Cette décision intervient alors que la campagne de Macky Sall pour succéder à António Guterres, dont le mandat s'achève le 31 décembre 2026, traverse une phase complexe. Lors du troisième vote indicatif au Conseil de sécurité le 18 septembre, l'ancien président a recueilli neuf voix « découragées » contre cinq « encouragées », le plaçant en retrait par rapport à la candidate costaricienne Rebeca Grynspan. Le site nonamacky.org, qui diffuse ses contenus en neuf langues, maintient son objectif de sensibiliser les représentations diplomatiques et les décideurs internationaux sur le bilan de l'ex-président. La plateforme demeure accessible en France, continuant d'accompagner les derniers mois de cette course diplomatique.