La Haute Cour fédérale d'Abuja a rendu un verdict déterminant dans la bataille juridique pour l'investiture du parti All Progressives Congress (APC) dans la circonscription sénatoriale d'Imo West. En reconnaissant Rochas Okorocha comme le candidat légitime pour le scrutin du 16 janvier 2027, la justice vient clore une période d'incertitude politique majeure au sein de l'État d'Imo.
Une décision judiciaire qui redéfinit la course électorale
Le juge Obiora Egwuatu a validé la victoire de l'ancien gouverneur Rochas Okorocha lors de la primaire organisée le 18 mai 2026. Par cette ordonnance, la Cour contraint désormais le parti APC à transmettre le nom de M. Okorocha à la Commission électorale nationale indépendante (INEC). Par voie de conséquence, le gouverneur actuel de l'État, Hope Uzodimma, est sommé de cesser de se présenter comme le candidat officiel du parti pour ce siège sénatorial.
Les zones d'ombre documentaires du scrutin
Ce dénouement judiciaire intervient après une longue controverse sur la validité des résultats. L'INEC avait initialement maintenu que ses rapports officiels désignaient M. Uzodimma comme vainqueur, avec un score de 230 464 voix contre 1 098 pour M. Okorocha. La commission avait même saisi les services de sécurité concernant la circulation de documents contradictoires. De son côté, Rochas Okorocha a publiquement contesté la cohérence des preuves documentaires présentées par ses adversaires, pointant notamment des incohérences sur la date du scrutin et le mode de désignation par consensus.
Réactions politiques et enjeux de gouvernance
Au sortir de l'audience, Rochas Okorocha a salué une victoire pour la démocratie locale, tout en liant symboliquement ce verdict à une volonté de changement politique au niveau national. Bien qu'il ait exprimé sa gratitude envers le président Bola Tinubu, aucune preuve matérielle n'a été avancée quant à une intervention directe de l'exécutif dans cette procédure judiciaire. Ce jugement marque une étape décisive dans la structuration des forces politiques en présence à l'approche des élections générales de 2027, tout en soulignant la persistance de tensions internes au sein de la classe politique de l'État d'Imo.