La Haute Cour de Lagos a ordonné l'arrêt immédiat de toute démolition ou construction sur une propriété située au 168 Broad Street. Cette décision judiciaire intervient dans un contexte de tensions foncières exacerbées par une injonction d'expulsion émise par les autorités locales.
Un conflit foncier aux multiples rebondissements
Le litige concerne une parcelle gérée depuis 2016 par United Capital Trustee Limited pour le compte de la propriétaire, Dr. Abimbola Adebowale. Selon les éléments présentés à la cour, la situation s'est dégradée après qu'un individu, identifié comme Taiwo Ige Yusuf, a pris possession des lieux. La plaignante affirme que des locataires ont été expulsés de force et qu'une partie de la structure a été démolie de nuit, avant que le site ne soit barricadé en vue de nouveaux travaux.
L'intervention controversée de la municipalité
La situation a été complexifiée par l'implication du gouvernement local de Lagos Island. Le 6 août 2026, les services techniques de la municipalité ont émis un avis de déguerpissement, sommant les occupants de libérer les lieux sous 48 heures sous peine de mesures coercitives. Cet avis a servi de levier à la partie adverse pour justifier une prise de contrôle physique du terrain, transformant une procédure administrative en un conflit de propriété privé.
La décision de la Haute Cour
Saisie par la propriétaire, la juge Yetunde Adesanya a estimé que les conditions étaient réunies pour accorder une mesure conservatoire. La cour a jugé nécessaire de préserver l'intégrité du site pour éviter des dommages irréparables avant que les parties ne puissent engager les procédures de médiation obligatoires, dites « pre-action protocol ». L'ordonnance interdit formellement à Taiwo Ige Yusuf et à ses agents de poursuivre toute démolition, excavation ou construction sur la parcelle.
Une mesure sous condition de conformité
Bien que cette décision offre un répit à la propriétaire, elle reste strictement encadrée par le droit civil de l'État de Lagos. La juge a précisé que cette protection est temporaire et conditionnée au respect rigoureux des délais légaux pour l'accomplissement des formalités préalables au procès. Si la plaignante ne se conforme pas aux exigences de procédure stipulées par les règles de 2019 de la Haute Cour dans les délais impartis, l'ordonnance de suspension deviendra caduque, exposant à nouveau le site aux risques de démolition.