Un juge fédéral américain a ordonné la suspension temporaire de nouvelles directives migratoires qui visaient à durcir drastiquement les conditions de séjour des étudiants et des journalistes étrangers. Cette décision intervient à la veille de l'entrée en vigueur prévue de ces mesures portées par le Département de la Sécurité intérieure (DHS), offrant un répit aux institutions académiques et aux médias internationaux.
Des limitations de séjour contestées
La réforme suspendue prévoyait de limiter la durée des visas étudiants à quatre ans, contre une autorisation couvrant jusqu'ici la totalité du cursus universitaire. Pour les journalistes étrangers, la restriction était plus sévère encore : leur séjour aurait été plafonné à 240 jours, avec une limite spécifique de 90 jours pour les ressortissants chinois. Ces mesures remettaient en cause le modèle actuel qui permettait aux journalistes de résider sur le territoire américain jusqu'à cinq ans.
Les inquiétudes du juge sur l'arbitraire
Dans son ordonnance, le juge Dennis Saylor a exprimé un scepticisme marqué quant à la légitimité de ces nouvelles règles. Il a souligné que le système actuel a favorisé des avancées majeures dans les domaines de la science, de la médecine et de la technologie grâce à l'apport des chercheurs internationaux. Le magistrat s'est particulièrement alarmé du caractère discrétionnaire des décisions de refus de visa, qui ne permettraient aucun recours. Selon lui, cette absence de garde-fous ouvre la porte à des abus, notamment contre les journalistes dont le travail critique pourrait déplaire aux autorités.
Sécurité nationale contre réalité académique
Alors que le DHS justifiait ces restrictions par des impératifs de sécurité nationale, le juge a qualifié cet argument d'« absurde », estimant qu'il reposait sur des anecdotes isolées plutôt que sur des preuves tangibles. Cette offensive réglementaire s'inscrit dans une politique migratoire plus large visant à restreindre les voies d'accès légales au territoire. Avec plus de 1,1 million d'étudiants internationaux accueillis durant l'année académique 2023-2024, les États-Unis demeurent la première destination mondiale pour l'enseignement supérieur, un statut que ces nouvelles contraintes menaçaient directement. Une nouvelle audience a été fixée au 2 octobre pour poursuivre l'examen du dossier.