Un tribunal fédéral de New York a officiellement invalidé, le 21 août, le gel des visas d’immigration permanente qui frappait 75 pays, dont 26 nations africaines. La juge Jeannette Vargas a qualifié cette mesure, mise en œuvre depuis janvier par le secrétaire d’État Marco Rubio, de contraire à la loi et excédant les pouvoirs légaux de l’administration américaine.
Une base légale contestée
La politique migratoire visait spécifiquement les visas d’immigration permanente, incluant la réunification familiale, l’emploi et les programmes de diversité. Le Département d’État justifiait ce blocage par la crainte que les ressortissants concernés ne deviennent une charge pour les finances publiques. En pratique, cette directive imposait aux consulats américains de rejeter systématiquement les dossiers, même lorsque les candidats remplissaient l'intégralité des critères d'éligibilité requis.
Un impact majeur sur le continent africain
Plus d'un tiers des pays ciblés par cette restriction se situent en Afrique. La mesure affectait l'ensemble de l'Afrique du Nord, incluant l'Algérie, l'Égypte, la Libye, le Maroc et la Tunisie, ainsi que la Corne de l'Afrique avec l'Érythrée, l'Éthiopie, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud. En Afrique de l'Ouest, dix pays étaient concernés, dont le Nigeria, le Sénégal, la Côte d'Ivoire et le Ghana. L'Afrique centrale et australe n'étaient pas en reste, avec le Cameroun, la RDC, le Rwanda, la Tanzanie et l'Ouganda, parmi d'autres.
Vers une bataille juridique persistante
Cette annulation judiciaire s'inscrit dans une série de revers pour l'administration Trump sur le dossier migratoire, après l'annulation des frais imposés sur certains visas technologiques et la protection du droit du sol par la Cour suprême. Toutefois, le cadre reste complexe : le gel des visas coexiste avec des interdictions d'entrée totales pour douze pays africains et des cautions financières élevées pour d'autres nationalités. Si cette décision constitue une victoire juridique, l'administration dispose encore de leviers pour durcir les contrôles consulaires ou tenter de reformuler ses décrets pour les rendre plus robustes juridiquement.