L'administration Trump subit un coup d'arrêt judiciaire sur deux piliers de sa politique migratoire. Un juge fédéral a suspendu les nouvelles limitations de durée pour les visas étudiants et journalistes, tandis qu'une coalition d'États conteste en justice une règle durcissant l'accès à la résidence permanente.
Le blocage des plafonds de visas
Le juge fédéral F. Dennis Saylor IV a émis une injonction bloquant la mise en œuvre d'une réglementation du Département de la Sécurité intérieure (DHS) qui devait entrer en vigueur. Cette mesure visait à limiter à quatre ans les visas F (étudiants) et J (échanges culturels), et à restreindre à 240 jours les visas I (journalistes). Le magistrat a qualifié les arguments de l'administration, fondés sur la sécurité nationale et la prévention de la fraude, d'« exceptionnellement faibles ». Il a souligné que ces restrictions pourraient entraîner des conséquences « catastrophiques » pour l'enseignement supérieur et l'économie américaine, en affectant potentiellement plus de deux millions de détenteurs de visas.
Contestation sur le statut de « charge publique »
Parallèlement, une coalition de 22 États, menée par New York, la Californie et l'Illinois, a déposé des recours pour empêcher l'application d'une nouvelle règle sur le statut de « charge publique ». Cette mesure permettrait aux autorités migratoires de refuser des cartes vertes aux candidats ayant recours à des aides publiques, y compris des prestations non monétaires comme l'aide alimentaire ou Medicaid. Les plaignants soutiennent que l'administration a outrepassé ses prérogatives en contournant le Congrès, seul habilité à définir les critères de résidence permanente.
Un bras de fer entre exécutif et États
La nouvelle réglementation sur les aides publiques, qui étend également la surveillance aux prestations perçues par les membres de la famille du demandeur, est vivement critiquée par les autorités locales. Le maire de New York, Zohran Mamdani, a dénoncé une politique visant à éloigner les familles immigrées de programmes essentiels à leur santé et leur alimentation. De son côté, le DHS maintient sa position, accusant les dirigeants des États plaignants de vouloir préserver des fonds fédéraux destinés à des personnes en situation irrégulière. Ce conflit juridique met en lumière la fracture persistante sur la gestion des flux migratoires et l'usage des services sociaux aux États-Unis.