Un juge fédéral de Washington pourrait suspendre la réinscription du nom de Donald Trump sur le Kennedy Center, malgré une manœuvre du conseil d’administration contrôlé par ses alliés pour contourner une décision de justice.
Un conseil d’administration sous influence trumpiste
En décembre dernier, le conseil d’administration du Kennedy Center, majoritairement composé de proches de Donald Trump, avait rebaptisé l’institution en Trump Kennedy Center, ajoutant le nom du président républicain à celui de son prédécesseur démocrate, John F. Kennedy. Cette décision, contestée par l’opposition démocrate et la famille Kennedy, avait été annulée par un juge fédéral en mai. Pourtant, le conseil a persisté en votant, le 13 août, une nouvelle résolution visant à réinscrire le nom de Trump sur la façade du bâtiment et à rebaptiser l’espace public adjacent en place Donald Trump.
La justice saisie pour bloquer une manœuvre politique
Les adversaires du conseil ont saisi la justice pour empêcher cette réinscription, prévue pour début septembre. Lors d’une audience jeudi, leur avocat, Nathaniel Zelinsky, a accusé le conseil de mauvaise foi massive, l’accusant de tenter de contourner la décision du juge Christopher Cooper. Ce dernier, qui avait ordonné le retrait de toute référence à Trump sur le bâtiment et ses supports numériques, a indiqué qu’il pourrait suspendre l’application de la résolution du 13 août si le gouvernement ne recule pas avant le 8 septembre.
Un enjeu de légitimité et de mémoire institutionnelle
Le juge Cooper avait également suspendu, à titre provisoire, la fermeture pour deux ans du Kennedy Center, tout en reconnaissant la nécessité des travaux de rénovation. Il avait souligné que le conseil n’avait pas suffisamment évalué les retombées négatives de cette fermeture, mais n’excluait pas une nouvelle suspension si une évaluation plus approfondie était menée. La famille Kennedy et les démocrates dénoncent une instrumentalisation politique de l’institution, tandis que le représentant du gouvernement, Brantley Meyers, a évité de préciser la signification de la date du 8 septembre, se contentant d’affirmer qu’il n’y avait aucun renommage au bénéfice de Trump.
Une bataille juridique aux implications symboliques
Cette affaire illustre les tensions autour de la mémoire institutionnelle et de l’utilisation des symboles publics à des fins partisanes. Le juge Cooper, qui doit trancher dans les prochains jours, pourrait non seulement bloquer la réinscription du nom de Trump, mais aussi renforcer le principe selon lequel les décisions d’un conseil d’administration ne peuvent ignorer les décisions de justice. Une issue qui pourrait avoir des répercussions sur la gestion des institutions culturelles américaines, où les enjeux politiques et mémoriels sont souvent mêlés.