La préfecture de Haute-Saône a suspendu, le 19 août 2026, l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (OQTF) visant Nisrine Driouich, une ressortissante marocaine mère de six enfants. Cette décision intervient alors que le dossier est désormais entre les mains de la cour administrative d'appel de Nancy, offrant un répit temporaire à la famille menacée de séparation.
Un sursis dans l'attente d'une décision judiciaire
Initialement prévue pour le 23 août, l'expulsion de Mme Driouich a été mise en suspens par les autorités préfectorales. Bien que cette mesure permette à la mère de famille de rester provisoirement sur le territoire, la préfecture a toutefois encouragé un retour volontaire au Maroc pendant que la procédure judiciaire suit son cours. Cette suspension ne constitue pas une annulation de l'OQTF, mais marque une étape procédurale cruciale : l'attente de l'examen du recours déposé par la famille devant la juridiction administrative de Nancy.
Le parcours d'une famille installée à Vesoul
Arrivée en France en 2021 avec quatre de ses enfants pour rejoindre son époux, salarié et titulaire d'un titre de séjour à Vesoul, Nisrine Driouich a vu sa situation se complexifier ces dernières semaines. Le couple a eu deux enfants supplémentaires sur le sol français, dont le plus jeune est âgé de 21 mois. La situation a basculé le 9 août dernier, lorsque la mère de famille a été placée en rétention administrative à Metz lors d'un contrôle lié à son assignation à résidence, avant d'être libérée par le juge des libertés et de la détention le 14 août.
Une mobilisation citoyenne locale
La suspension de la mesure d'éloignement fait suite à une forte mobilisation à Vesoul. Le 15 août, plus d'une centaine de personnes, soutenues par des syndicats et des associations locales, se sont rassemblées devant la préfecture de Haute-Saône pour demander l'abandon de l'expulsion. Cette pression citoyenne, relayée par une pétition, visait à souligner l'enjeu de la cellule familiale, le fils aîné de la famille ayant publiquement exprimé son inquiétude quant à l'avenir de ses frères et sœurs.
Le contexte des mesures d'éloignement en France
Ce cas illustre la complexité des procédures d'OQTF, un dispositif administratif en vigueur depuis 2007. Alors que les éloignements forcés ont enregistré une hausse de 9,7 % en 2024 par rapport à l'année précédente, le dossier de Mme Driouich souligne les tensions récurrentes entre l'application stricte des politiques migratoires et les situations familiales individuelles. L'issue de cette affaire dépend désormais exclusivement de l'appréciation de la cour administrative d'appel, qui devra trancher sur la légalité de la mesure d'éloignement.