Les autorités militaires en Guinée-Bissau ont annoncé un assouplissement des restrictions imposées aux partis politiques depuis le coup d'État de novembre 2025. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 24 novembre, permet la reprise des réunions internes et des concertations, tout en maintenant l'interdiction stricte des rassemblements publics et des manifestations de rue.
Un cadre opérationnel sous contrôle militaire
Selon le communiqué officiel du haut commandement militaire, les formations politiques sont désormais autorisées à tenir des réunions d'instances et à préparer leurs congrès. Cette ouverture est toutefois assortie d'une obligation de notification préalable auprès des autorités militaires. Le porte-parole de la junte, le colonel Jaime Valentin, a précisé que cette décision vise à permettre le fonctionnement des organisations politiques tout en préservant ce que les militaires qualifient d'ordre public et de sécurité nationale.
L'incertitude plane sur le calendrier électoral
Cet assouplissement intervient dans un climat de forte instabilité, alors que le pays est dirigé par les militaires depuis le renversement du président Umaro Sissoco Embalo le 26 novembre 2025. Bien que la junte ait officiellement maintenu la date du 6 décembre pour la tenue des élections législatives et présidentielles, la Commission électorale a publiquement émis des doutes sur la faisabilité du scrutin, estimant que les conditions logistiques et politiques ne sont pas réunies. À ce jour, aucun report officiel n'a été acté par le pouvoir en place.
Un paysage politique en pleine mutation
La situation politique reste marquée par l'éviction de nombreux proches de l'ex-président Embalo des postes stratégiques de l'administration. L'ancien chef de l'État, actuellement en exil, a renoncé à son retour prévu en octobre, la junte invoquant des impératifs de sécurité. Ce contexte de transition forcée, survenu à la veille de la proclamation des résultats des scrutins précédents, continue de susciter des interrogations sur la trajectoire démocratique du pays, habitué aux ruptures constitutionnelles. La levée partielle des restrictions sur les partis semble être une tentative de la junte de normaliser le paysage politique, sans pour autant céder sur le contrôle des espaces publics.