La Cour pénale internationale (CPI) traverse une période de turbulences majeures face à une hostilité croissante de l'administration américaine. La juge béninoise Reine Alapini-Gansou, elle-même sous le coup de sanctions de Washington, a récemment témoigné des conséquences concrètes de ces mesures sur l'exercice du droit international et la sécurité des magistrats.
Des sanctions américaines aux répercussions quotidiennes
Depuis l'émission de mandats d'arrêt contre des dirigeants israéliens, la CPI fait face à une pression accrue des États-Unis. Reine Alapini-Gansou figure parmi les neuf juges de l'institution sanctionnés par Washington, aux côtés de membres du bureau du procureur. Ces mesures, qui placent les magistrats sur une liste incluant des organisations criminelles et des dirigeants autoritaires, paralysent leur vie quotidienne : interdiction d'utiliser des systèmes de paiement américains, blocage des services financiers et restrictions de voyage. Pour la juge, cette situation relève d'une volonté de démanteler l'institution « brique par brique ».
Une institution sous une pression diplomatique inédite
Le climat de défiance est alimenté par les déclarations de Donald Trump, qui appelle ouvertement les États membres à se retirer de la Cour. Cette hostilité ne se limite pas aux États-Unis : la juge Alapini-Gansou a également été condamnée par contumace à 15 ans de prison par la Russie, en représailles au mandat d'arrêt émis contre Vladimir Poutine en 2023. Cette double pression, venant de deux puissances mondiales, place la CPI dans une situation de crise sans précédent, menaçant la pérennité même de la juridiction.
L'appel à la responsabilité des États membres
Malgré les menaces pesant sur sa sécurité et celle de ses proches, la magistrate béninoise maintient sa position. Elle souligne que ces pressions sont le prix à payer pour ceux qui s'engagent en faveur de la justice. Face à ce qu'elle qualifie de tentative de destruction d'une institution internationale majeure, Reine Alapini-Gansou estime que la survie de la CPI dépend désormais de la mobilisation des États. Elle appelle ces derniers à assumer leurs responsabilités pour protéger l'intégrité du droit international face aux tentatives de déstabilisation politique.