Le succès de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) repose désormais sur la montée en compétences d'une nouvelle génération de professionnels. À l'occasion du lancement de la semaine des étudiants dédiée à la ZLECAf à l'Université du Ghana, les intervenants ont souligné que le principal frein à l'intégration commerciale n'est plus l'absence d'accords, mais le déficit de savoir-faire technique sur le terrain.
Le défi de la capacité opérationnelle
Pour Adu Boahen Felix, président du club étudiant GITFiC, l'Afrique ne souffre pas d'un manque de cadres juridiques, mais d'une carence en expertise pratique. La mise en œuvre effective du marché unique de 1,4 milliard de consommateurs exige des compétences pointues : maîtrise des règles d'origine, gestion des procédures douanières, financement des échanges et assurance des cargaisons. Les universités sont ainsi appelées à transformer leurs cursus pour former des professionnels capables de naviguer dans la complexité des marchés transfrontaliers.
Un réseau académique en pleine expansion
Le club étudiant GITFiC, initié à l'Université du Ghana en 2023, étend son influence à travers le pays et au-delà, avec des antennes déjà actives à l'Université pour le développement des études, à l'Université des sciences et technologies Kwame Nkrumah, ainsi qu'à l'Université de Lomé au Togo. L'objectif fixé par l'Agenda 2031 est ambitieux : établir des chapitres dans au moins 100 établissements d'enseignement supérieur sur le continent, tout en proposant des programmes de certification professionnelle accessibles aux étudiants et aux travailleurs.
L'université comme laboratoire de transformation
La professeure Rosina Foli, patronne du club, insiste sur le rôle crucial de l'académie dans la transformation économique africaine. Selon elle, les solutions ne viendront pas des instances internationales, mais des salles de classe et des incubateurs universitaires. En intégrant les étudiants au cœur des débats sur le commerce, le programme vise à faire d'eux des ambassadeurs de la ZLECAf, capables de connecter les startups locales aux opportunités continentales.
Vers une intégration accrue avec le secteur privé
La semaine des étudiants 2026 ne se limite pas à la théorie : elle prévoit des compétitions de pitch pour startups et des interactions directes avec des acteurs industriels. Les organisateurs lancent un appel aux entreprises pour qu'elles soutiennent cette dynamique par des stages et du mentorat. L'enjeu est clair : créer un pont durable entre la formation académique et les réalités du terrain pour que la ZLECAf devienne une réalité économique tangible portée par la jeunesse.