La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a officiellement notifié une mise en demeure à la chaîne internationale France 24 le 16 septembre 2026. Cette décision fait suite à l'utilisation, par un présentateur de la chaîne, du qualificatif de « président putschiste » pour désigner le chef de l'État guinéen, Mamadi Doumbouya.
Une controverse sur la qualification des autorités de transition
Le cœur du litige porte sur la terminologie employée par le média français lors d'une séquence d'antenne. En qualifiant le président Doumbouya de « putschiste », la chaîne a fait référence à son accession au pouvoir en septembre 2021, lors du coup d'État ayant renversé le régime précédent. Pour l'instance de régulation guinéenne, ce choix lexical dépasse le cadre de l'information factuelle et constitue un qualificatif jugé inapproprié au regard des standards de traitement médiatique attendus par l'institution.
La position de la HAC face aux médias étrangers
Par cette mise en demeure, la HAC réaffirme son rôle de gendarme de l'audiovisuel en Guinée. L'instance reproche à France 24 un manquement aux règles de déontologie journalistique, estimant que l'usage de ce terme porte atteinte à la dignité de la fonction présidentielle. Cette intervention souligne la volonté des autorités de régulation guinéennes de contrôler étroitement la manière dont les médias internationaux traitent les figures politiques nationales et les événements liés à la transition en cours.
Les enjeux de la régulation audiovisuelle
Cet épisode illustre les tensions récurrentes entre les instances de régulation nationales et les médias internationaux sur le continent africain. La question de la neutralité du langage journalistique, lorsqu'il s'agit de qualifier des régimes issus de changements anticonstitutionnels, reste un point de friction majeur. La mise en demeure adressée à France 24 place désormais la chaîne face à ses responsabilités éditoriales, tout en posant la question des limites de la liberté d'expression dans un contexte de transition politique où la communication officielle est étroitement surveillée par les autorités en place.