La Haute Autorité de la Communication de Guinée durcit le ton contre les médias internationaux

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 29 lectures
La Haute Autorité de la Communication de Guinée durcit le ton contre les médias internationaux

La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a engagé une série de mesures restrictives à l'encontre de médias internationaux opérant sur son territoire. Ces décisions, actées le 16 septembre 2026, visent directement le correspondant de Jeune Afrique et la chaîne France 24, sur fond de tensions persistantes concernant le traitement médiatique des institutions nationales.

Retrait de l'accréditation de Mamadou Diawo Barry

Le collège des commissaires de la HAC a officialisé le retrait immédiat de l'accréditation journalistique de Mamadou Diawo Barry, correspondant permanent de Jeune Afrique en Guinée. Cette sanction administrative interdit désormais au journaliste d'exercer ses fonctions de collecte et de diffusion d'informations sur le sol guinéen. L'organe de régulation justifie cette mesure par de « graves violations des obligations éthiques et déontologiques », reprochant au journaliste un manque d'objectivité, de neutralité et d'équilibre. À ce jour, ni le journaliste concerné ni la direction du média n'ont formulé de réaction officielle face à cette décision.

Mise en demeure de France 24

Parallèlement à cette exclusion, la HAC a adressé une mise en demeure formelle à la chaîne France 24. L'institution conteste l'usage du terme « président putschiste » utilisé par le média pour désigner le chef de l'État, Mamadi Doumbouya. Selon la HAC, cette qualification ignore la légitimité institutionnelle acquise lors de l'élection présidentielle du 28 décembre 2025 et la prestation de serment qui a suivi en janvier 2026. La chaîne est sommée de cesser l'emploi de termes jugés « dégradants » et de procéder aux rectifications nécessaires sous peine de sanctions plus lourdes.

Flou sur les griefs et cadre légal

Bien que la HAC invoque la loi organique sur la liberté de la presse pour justifier ses interventions, le manque de précision technique soulève des interrogations. Le communiqué de l'instance ne cite aucun article ou reportage spécifique ayant motivé le retrait de l'accréditation de Mamadou Diawo Barry. Cette absence de détails factuels est également relevée par la presse locale, qui souligne le caractère imprécis des griefs formulés. Si la HAC réaffirme son attachement au pluralisme médiatique, elle insiste sur le fait que l'exercice de la presse doit impérativement se conformer à la souveraineté des institutions guinéennes.

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