Face à la pression inflationniste sur les coûts opérationnels du secteur des transports au Ghana, la Chambre des consommateurs de pétrole (COPEC) appelle à une approche globale incluant les revenus des ménages. L'organisation souligne que toute hausse des tarifs de transport doit impérativement s'accompagner d'une revalorisation salariale pour éviter d'asphyxier les travailleurs.
L'impact direct sur le pouvoir d'achat
Le directeur exécutif de la COPEC, Duncan Amoah, alerte sur la vulnérabilité des usagers des transports publics. Alors que les opérateurs routiers, représentés notamment par le syndicat GPRTU, réclament des ajustements tarifaires pour compenser la hausse du prix des carburants et des frais de maintenance, le poids de ces décisions repose in fine sur les passagers. Sans une augmentation proportionnelle des salaires, le pouvoir d'achat des citoyens, déjà fragilisé par le coût de la vie, subira une érosion directe.
Le rôle des partenaires sociaux
La COPEC invite les organisations syndicales, au premier rang desquelles le Trades Union Congress (TUC), à engager des négociations fermes avec le gouvernement et le patronat. L'enjeu est de transformer cette crise des coûts de transport en une discussion plus large sur la structure des revenus. Selon Duncan Amoah, il est nécessaire que les employeurs prennent la mesure de cette réalité économique pour soutenir les travailleurs qui dépendent quotidiennement des transports collectifs pour se rendre sur leur lieu de travail.
Vers une tarification scientifique
Au-delà de l'urgence salariale, la COPEC plaide pour une réforme structurelle de la fixation des prix dans le secteur du transport. Actuellement basés sur des négociations ponctuelles, les tarifs manquent d'objectivité. L'organisation propose l'adoption d'un modèle mathématique rigoureux, fondé sur le coût par kilomètre et par passager. En intégrant des variables précises telles que la consommation réelle de carburant, les frais d'entretien et la capacité des véhicules, cette méthode permettrait de rendre les ajustements tarifaires plus prévisibles et moins dépendants des tensions conjoncturelles entre syndicats et autorités.
Les limites des interventions étatiques
Bien que le gouvernement ait mis en place une subvention de 2 GH¢ par litre de diesel, la COPEC note que cette mesure, bien qu'utile, reste insuffisante pour stabiliser durablement les prix à la pompe. Cette intervention ne suffit pas à couvrir l'ensemble des charges opérationnelles des transporteurs, rendant une hausse des tarifs inévitable. La situation actuelle souligne donc la nécessité d'une stratégie économique cohérente qui articule régulation des prix de l'énergie et protection des revenus des citoyens.