Le bilan annuel du ministère de l'Intérieur français révèle une dégradation préoccupante des violences au sein du couple, avec 111 féminicides recensés en 2025. Cette augmentation de 4 % par rapport à l'année précédente met en lumière la persistance d'un phénomène structurel nécessitant une attention accrue des autorités.
Un bilan humain en progression constante
Les données officielles font état de 136 morts violentes au sein des couples pour l'année 2025. Si le nombre de victimes masculines a enregistré une baisse de 19 %, tombant à 25 décès, la situation des femmes demeure alarmante. Avec 111 décès comptabilisés, la fréquence des drames reste élevée, les autorités notant qu'en moyenne, un décès survient tous les trois jours dans le cadre conjugal. Cette statistique souligne l'ampleur du défi sécuritaire et social que représente la protection des personnes vulnérables au sein de leur foyer.
La prédominance du domicile comme lieu de risque
L'analyse géographique et contextuelle des faits confirme que le domicile demeure l'espace le plus dangereux pour les victimes. Selon les chiffres du ministère, 76 % des féminicides et des homicides conjugaux ont été perpétrés au domicile du couple, de la victime ou de l'auteur. Cette concentration des violences dans la sphère privée complexifie l'intervention préventive des forces de l'ordre et des services sociaux, rendant la détection des signaux faibles particulièrement ardue pour les acteurs de terrain.
Une recrudescence des tentatives d'homicide
Au-delà des décès, le bilan met en exergue une réalité tout aussi préoccupante : le nombre de tentatives d'homicides au sein du couple. Les services de police et de gendarmerie ont recensé 435 tentatives sur l'année écoulée. Ce chiffre, qui témoigne de la violence extrême des rapports au sein de ces foyers, constitue un indicateur clé pour les décideurs publics. Le profil des auteurs, qui demeure majoritairement masculin, confirme la nécessité de politiques ciblées sur la prévention des comportements violents et la prise en charge des auteurs, en complément des dispositifs de protection des victimes.