La hausse des droits de douane au Kenya cristallise la colère des petits commerçants à Nairobi

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
La hausse des droits de douane au Kenya cristallise la colère des petits commerçants à Nairobi

La capitale kényane a été le théâtre de vives tensions ce vendredi, alors que des centaines de commerçants ont manifesté contre une augmentation des droits de douane sur les importations. Cette mobilisation, marquée par l'intervention des forces de l'ordre, souligne le fossé grandissant entre les impératifs de régulation fiscale de l'État et la survie économique des petites entreprises.

Une nouvelle grille tarifaire contestée

Depuis le 20 août, la Kenya Revenue Authority a instauré un nouveau seuil de référence pour les droits de douane appliqués aux conteneurs consolidés de 40 pieds. Le montant minimal est passé de 2,5 millions à 3,2 millions de shillings kényans, soit environ 24 700 dollars. Si l'administration fiscale présente cette mesure comme un outil de lutte contre la sous-déclaration et la sous-évaluation des marchandises, les importateurs y voient une barrière financière insurmontable qui alourdit considérablement leurs coûts opérationnels.

L'impact sur le modèle économique des PME

Pour les petits commerçants, le recours aux expéditions consolidées est une stratégie essentielle pour réduire les frais logistiques. En relevant le seuil de taxation, les autorités fragilisent ce modèle économique. Les manifestants, à l'instar de Muturi Kariuki, dénoncent une entrave directe à leur droit d'exercer une activité commerciale et de bâtir leur avenir. Selon les autorités, ce nouveau barème ne constitue toutefois qu'une valeur de référence : les importateurs dont la valeur réelle des marchandises dépasse ce seuil sont tenus de déclarer la valeur exacte et de s'acquitter des taxes correspondantes.

Paralysie commerciale au centre-ville

La contestation a entraîné une fermeture massive des commerces dans le centre de Nairobi, certains entrepreneurs ayant choisi de cesser leurs activités par solidarité avec le mouvement, tandis que d'autres ont privilégié la sécurité face aux affrontements. Alors que les forces de police ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements, aucune communication officielle n'a été émise par les autorités policières sur la gestion de ces troubles. Cette situation met en lumière l'enjeu de la conformité fiscale dans un secteur où la pression sur les marges des petits acteurs reste un point de friction majeur avec les politiques publiques.

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