La Guinée suspend France 24 après une controverse sur le statut du président Mamadi Doumbouya

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
La Guinée suspend France 24 après une controverse sur le statut du président Mamadi Doumbouya

La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a ordonné, le 17 septembre 2026, l'interdiction totale de diffusion de la chaîne France 24 sur l'ensemble du territoire national. Cette décision radicale fait suite à une séquence télévisée qualifiant le président Mamadi Doumbouya de « président putschiste », une terminologie jugée inacceptable par les autorités guinéennes au regard de l'élection présidentielle de décembre 2025.

Un différend éditorial sur la légitimité présidentielle

Le point de rupture est survenu lors d'un journal télévisé diffusé le 15 septembre, où le présentateur de la chaîne a utilisé le terme « putschiste » pour désigner le chef de l'État. Pour la HAC, cette qualification occulte délibérément le processus électoral du 28 décembre 2025, lors duquel Mamadi Doumbouya a été élu dès le premier tour avec 86,72 % des suffrages, avant de prêter serment en janvier 2026. Malgré une mise en demeure adressée le 16 septembre exigeant des rectifications, le régulateur a estimé que la réponse de la chaîne était insuffisante, menant à une escalade immédiate.

Une révocation totale des droits de diffusion

La décision N°032/HAC/P/2026, actée par l'institution présidée par Boubacar Yacine Diallo, frappe la chaîne sur tous les vecteurs techniques : satellite, câble, applications mobiles et réseaux sociaux. L'Autorité de régulation des postes et télécommunications a été mandatée pour bloquer les accès numériques, tandis que les opérateurs comme Canal+ Guinée ont reçu l'ordre de couper le signal. Parallèlement, les accréditations de l'ensemble des correspondants et collaborateurs de France 24 en Guinée ont été révoquées avec effet immédiat, marquant une rupture inédite avec un média international majeur sous l'ère Doumbouya.

Le rétropédalage de la chaîne face à la sanction

Face à l'ampleur de la mesure, France 24 a diffusé une vidéo rectificative le 17 septembre. Le journaliste concerné a reconnu l'erreur, rappelant explicitement le statut d'élu du président guinéen, malgré son arrivée au pouvoir par un coup d'État en 2021. Si ce mea culpa a été formulé, il intervient après le prononcé de la sanction. Cet événement s'inscrit dans un contexte de tensions récurrentes entre le pouvoir et les médias, rappelant les retraits d'agréments subis par plusieurs organes de presse locaux en mai 2024. À ce jour, aucune échéance n'a été fixée par la HAC pour une éventuelle levée de cette interdiction.

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