Une page de l’histoire guinéenne se tourne avec le décès de Hadja Hawaou Diallo, épouse d’Elhadj Saïfoulaye Diallo, l’un des architectes de l’indépendance du pays. La disparition de cette figure discrète mais influente survient dans un contexte de déclin des grandes figures de la première génération politique guinéenne.
Une famille au cœur de l’indépendance
Hadja Hawaou Diallo s’est éteinte ce 25 août 2026 à Conakry, dans une clinique de la capitale, 45 ans après son époux, Elhadj Saïfoulaye Diallo. Ce dernier, né en 1923 à Diari (préfecture de Labé), fut bien plus qu’un simple collaborateur d’Ahmed Sékou Touré : il fut son compagnon de lutte, député à l’Assemblée nationale française, puis premier président de l’Assemblée nationale guinéenne dès l’indépendance en 1958.
Un héritage politique et institutionnel majeur
Saïfoulaye Diallo a marqué la Guinée par son engagement avant et après 1958. Proche conseiller de Sékou Touré, il a occupé des postes clés, notamment à la Justice, aux Finances et aux Affaires étrangères, contribuant à façonner les institutions du jeune État. Son rôle lors de la visite du général de Gaulle en 1958, aux côtés du président guinéen, reste un symbole fort de la souveraineté naissante du pays.
La fin d’une époque pour la Guinée
La disparition de Hadja Hawaou Diallo s’inscrit dans une séquence douloureuse pour l’histoire politique guinéenne. Quelques semaines plus tôt, Hadja Andrée Touré, épouse du président Sékou Touré, s’était également éteinte au Maroc. Ces décès rappellent le déclin d’une génération de dirigeants ayant façonné l’identité nationale après la colonisation. Leur héritage, à la fois politique et symbolique, interroge sur la transmission de ces récits fondateurs aux nouvelles générations.
Un symbole de résilience et de discrétion
Contrairement à d’autres figures de l’indépendance souvent mises en avant, Hadja Hawaou Diallo a incarné une forme de discrétion, restant dans l’ombre de son époux tout en participant activement à la vie publique. Son décès rappelle l’importance des rôles féminins dans les luttes indépendantistes, souvent minimisés dans les récits historiques. En Guinée, où la mémoire collective peine parfois à se reconstruire, sa disparition soulève des questions sur la préservation de ce patrimoine immatériel.