Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a formellement acté la candidature de la Guinée pour l'organisation des Coupes d'Afrique des Nations (CAN) de 2032 et 2036. Cette décision, portée par l'exécutif, marque une étape stratégique pour le pays qui cherche à se repositionner sur la carte des grands événements sportifs continentaux.
Une stratégie étatique de long terme
La signature officielle, intervenue le 20 août 2026 à Conakry, concrétise une volonté politique impulsée par le président Mamadi Doumbouya. En ciblant les éditions 2032 et 2036, le gouvernement guinéen écarte l'échéance de 2028 pour se concentrer sur des horizons plus lointains, permettant potentiellement une planification plus structurée des investissements nécessaires. Cette démarche met fin à une période d'incertitude après des déclarations antérieures de l'ancien ministre des Sports, Keamou Bogola Haba, sur les intentions du pays.
Un paysage concurrentiel exigeant
La course à l'organisation de la CAN 2032 s'annonce particulièrement disputée. La Guinée devra faire face à une concurrence régionale notable, notamment le dossier conjoint déposé par le Burkina Faso, le Mali et le Niger sous la bannière de l'Alliance des États du Sahel (AES). Le Sénégal est également pressenti comme un candidat sérieux. Pour la Confédération Africaine de Football (CAF), l'enjeu est de garantir un processus de sélection transparent, appuyé par des expertises techniques et financières externes, afin de s'assurer que les pays hôtes répondent aux exigences strictes du cahier des charges, particulièrement en matière d'infrastructures.
Le minifootball comme tremplin opérationnel
Pour crédibiliser sa candidature, Conakry mise sur une montée en puissance progressive. La tenue de la CAN de minifootball en janvier 2027, qui réunira 24 nations, est présentée par les autorités comme un test grandeur nature. Le Premier ministre a d'ores et déjà annoncé une mobilisation des ressources pour garantir le succès de cet événement, perçu comme un levier pour préparer l'accueil de compétitions d'envergure mondiale, comme la Coupe du monde de minifootball prévue en 2029. Ce calendrier sportif dense vise à démontrer la capacité logistique et organisationnelle du pays, qui n'a plus accueilli la CAN masculine depuis 1966.