La Guinée engage une réforme structurelle de son secteur minier pour consolider ses réserves de change et accroître le contrôle de l'État sur ses ressources naturelles. Sous l'impulsion du président Mamadi Doumbouya, le gouvernement impose désormais aux compagnies aurifères des mesures strictes de rapatriement de devises et une cession directe d'une partie de leur production à la Banque Centrale.
Une montée en puissance des réserves d'or nationales
Le ministère des Mines et de la Géologie a instauré un nouveau mécanisme obligeant les sociétés minières à céder jusqu'à 30 % de leur production aurifère à la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG). Ces transactions, réglées en francs guinéens, visent à renforcer les réserves de change du pays. Cette décision intervient alors que la production nationale a atteint plus de 2,2 millions d'onces en 2025, une ressource jusqu'ici majoritairement exportée sans bénéfice direct pour les réserves monétaires de l'État.
Contrainte accrue sur le rapatriement des recettes d'exportation
Parallèlement à l'acquisition directe d'or, le gouvernement renforce ses exigences en matière de rapatriement des recettes d'exportation. Si le seuil actuel est fixé à 50 % des revenus devant transiter par le système bancaire national, les autorités envisagent de relever cette obligation entre 60 % et 70 %. L'objectif affiché est de mobiliser davantage de devises étrangères pour soutenir le financement des projets de développement socio-économique du pays dans un contexte économique international complexe.
Vers la fin de l'exportation d'or brut
La stratégie guinéenne s'articule également autour de la transformation locale. Le ministre Bouna Sylla a réaffirmé la volonté de l'État de mettre fin à l'exportation d'or non raffiné. La mise en service prochaine de la Nimba Gold Refinery constitue le pilier de cette politique industrielle, garantissant que l'or extrait sur le territoire soit désormais raffiné et titré localement sous le sceau national. Une commission technique tripartite, composée du ministère, de la BCRG et des opérateurs miniers, est actuellement chargée de définir les modalités opérationnelles et commerciales de cette transition.