La Guinée a officiellement amorcé une nouvelle ère pour son secteur minier avec l'exportation, le 9 octobre 2026, des premiers lingots d'or raffinés sur son sol par l'entreprise Nimba Gold. Cette opération marque l'application concrète de la directive présidentielle visant à interdire l'exportation d'or brut pour privilégier la transformation locale à haute valeur ajoutée.
Une transition industrielle imposée par l'État
La décision de transformer l'or directement sur le territoire guinéen découle d'une volonté politique affirmée par le président Mamadi Doumbouya. Lors d'une concertation avec les acteurs de la filière le 19 juin, le chef de l'État a acté la fin de l'exportation de métal brut. Cette orientation stratégique s'appuie sur des infrastructures dédiées, telles que la raffinerie située à Gbessia Cité de l’Air, désignée comme un pilier central de cette mutation industrielle.
Le renforcement des mécanismes de contrôle
Pour garantir la conformité de cette nouvelle chaîne de valeur, les autorités guinéennes ont mis en place un dispositif de surveillance rigoureux. Mamadou Sylla, directeur des matières précieuses à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), a confirmé que chaque lot destiné à l'exportation fait désormais l'objet d'une certification stricte. Ce processus implique une collaboration étroite entre la Banque centrale, les services des douanes et l'organisme national d'expertise de l'or, assurant ainsi que seul l'or raffiné quitte désormais le pays.
Un modèle d'investissement privé encadré
Bien que l'État guinéen assure la régulation et la supervision du secteur, la dynamique repose sur des investissements privés. Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a tenu à clarifier cette approche auprès du corps diplomatique en juin dernier : l'interdiction de l'or brut ne constitue pas un frein aux échanges commerciaux, mais une réorganisation visant à capter davantage de valeur sur le territoire national. Cette première expédition par Nimba Gold sert de test grandeur nature pour valider la viabilité de ce modèle économique, qui place la transformation locale au cœur de la stratégie de développement minier du pays.