Les autorités guinéennes ont officiellement exprimé leur volonté de porter la candidature du pays pour l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) en 2032 ou 2036. Cette annonce, qui marque le début d'un processus complexe, soulève des interrogations majeures sur la capacité réelle du pays à répondre aux standards stricts de la Confédération africaine de football (CAF).
Un cahier des charges rigoureux
L'organisation d'une phase finale de la CAN, qui réunit désormais 24 nations, impose des contraintes infrastructurelles lourdes. Selon les experts, le pays hôte doit impérativement disposer d'au moins six stades pour une candidature individuelle, dont deux d'une capacité minimale de 40 000 places, deux de 20 000 et deux de 15 000 places. Au-delà des enceintes sportives, la qualité des pelouses est strictement encadrée : le gazon naturel ou hybride est obligatoire, excluant de facto les surfaces synthétiques pour les rencontres officielles. Chaque site doit également être doté de terrains d'entraînement aux standards internationaux.
Logistique, santé et connectivité
Le succès d'une telle candidature ne repose pas uniquement sur les stades. La CAF exige un réseau de transport fluide, incluant des aéroports aux normes internationales et des infrastructures routières reliant les villes hôtes. La logistique hôtelière est tout aussi déterminante, avec l'obligation de proposer des établissements de haut standing (quatre ou cinq étoiles) pour les délégations et les officiels. La sécurité publique, les télécommunications et la présence d'hôpitaux de référence complètent un cahier des charges où la CAF ne tolère aucune approximation.
La nécessité d'une vision stratégique
Pour les observateurs, cette ambition sportive doit impérativement s'inscrire dans une planification nationale à long terme, à l'instar du programme Simandou 2040. Si le délai avant 2032 ou 2036 offre une marge de manœuvre, la transformation de cette intention en projet concret dépendra d'une volonté politique constante et d'une exécution rigoureuse. La Guinée devra également composer avec une concurrence régionale accrue, notamment face au Sénégal et au projet de co-organisation porté par les pays de l'Alliance des États du Sahel (AES).
Une étape préliminaire
À ce stade, la démarche guinéenne n'est qu'une manifestation d'intention. La Fédération guinéenne de football et le ministère des Sports devront désormais formaliser le dossier et répondre aux exigences techniques qui seront transmises par la CAF. La crédibilité de la candidature guinéenne reposera sur sa capacité à démontrer que ces annonces ne sont pas isolées, mais le fruit d'une stratégie de développement durable des infrastructures nationales.