Plus de 8 000 ressortissants burkinabè ont été contraints de quitter le territoire guinéen suite à une vaste opération de répression contre l'orpaillage illégal. Cette expulsion massive, marquée par des accusations de violences, place les autorités de Ouagadougou et de Conakry dans une situation de vive tension diplomatique.
Une opération de répression contre l'orpaillage illégal
Le gouvernement guinéen a intensifié sa lutte contre l'exploitation artisanale de l'or, particulièrement dans la région de Siguiri. Cette offensive s'est traduite par une interdiction stricte de toute activité minière sur les berges des cours d'eau, les terres agricoles et les zones protégées. La fermeté de Conakry s'est également manifestée sur le plan administratif : le 3 novembre, le président Mamadi Doumbouya a procédé à la radiation de 22 responsables locaux, accusés d'avoir facilité ou fermé les yeux sur ces pratiques illicites.
Les griefs de Ouagadougou sur les conditions d'expulsion
Le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, a fermement condamné les modalités de ce refoulement. Il dénonce des traitements qualifiés d'inhumains et dégradants, faisant état de blessés et de décès parmi les ressortissants burkinabè, sans toutefois fournir de bilan chiffré précis. Au-delà des violences alléguées, Ouagadougou pointe une défaillance diplomatique majeure : l'absence de notification préalable aux représentations consulaires, ce qui a empêché toute organisation structurée du rapatriement des citoyens concernés.
La coordination régionale pour le retour des ressortissants
Actuellement, les milliers d'orpailleurs expulsés transitent par le Mali, pays voisin où ils attendent leur rapatriement définitif vers le Burkina Faso. Une délégation ministérielle burkinabè, conduite par Mahamadou Sana, s'est rendue à Bamako le 4 novembre pour coordonner la prise en charge humanitaire de ces populations. Lors de cet entretien avec son homologue malien, Daoud Aly Mohammedine, le ministre burkinabè a salué l'accueil réservé par les autorités maliennes, tout en travaillant sur les dispositions logistiques nécessaires pour assurer le retour sécurisé de ces citoyens auprès de leurs familles.