La délégation guinéenne, conduite par le ministère de l'Urbanisme, de l'Habitat et de l'Aménagement du Territoire (MUHAT), a partagé son modèle de gouvernance du secteur de la construction lors de la 5e édition du Salon des Infrastructures d’Abidjan (SIA 2026). Cette intervention a mis en lumière la nécessité d'une approche intégrée liant planification territoriale, digitalisation et contrôle rigoureux des chantiers pour accompagner l'urbanisation rapide.
Une vision holistique de la chaîne territoriale
Pour le gouvernement guinéen, la modernisation du secteur ne peut reposer uniquement sur l'adoption de technologies avancées comme l'intelligence artificielle ou le BIM. Sékouba Diaby, Directeur National de l'Architecture, de la Construction et du Logement, a insisté sur le fait que l'efficacité technologique est indissociable d'une base solide : la sécurisation foncière et une planification urbaine cohérente. La stratégie présentée vise à décloisonner les procédures administratives pour créer une chaîne de gouvernance unifiée, allant de la gestion du cadastre à la conformité finale des ouvrages.
Renforcer le contrôle après l'autorisation
L'expérience guinéenne souligne une faille majeure dans le secteur : la dérive entre les plans autorisés et la réalité des chantiers. Le MUHAT martèle que le permis de construire ne constitue pas l'aboutissement de l'action étatique, mais son point de départ. À travers la révision du Code foncier et la modernisation du cadastre, Conakry cherche à instaurer un suivi continu. L'objectif à terme est de doter chaque bâtiment d'une identité numérique, permettant de retracer l'historique des contrôles, les modifications apportées et la conformité aux normes de sécurité.
Soutenir l'écosystème local et durable
Au-delà de la gouvernance, le ministère a plaidé pour une transformation inclusive qui profite aux entreprises locales. Le déploiement de nouvelles normes environnementales, axées sur l'efficacité énergétique et l'usage de matériaux locaux, doit s'accompagner de mécanismes de formation et de montée en compétence pour les PME africaines. Le financement de cette transition repose sur un modèle mixte, combinant partenariats public-privé, financements verts et concessionnels, afin de garantir que les exigences de modernisation ne deviennent pas une barrière à l'entrée pour les acteurs nationaux du BTP.