Le CHU Ignace Deen, pilier historique du système hospitalier guinéen, s'apprête à entamer une mue profonde. Après plus d'un siècle d'existence, l'établissement va faire l'objet d'une reconstruction intégrale, un projet d'envergure nationale visant à aligner les capacités de soins du pays sur les standards internationaux.
Une refonte architecturale et médicale
La ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaïté Sall, a confirmé que le projet ne se limiterait pas à une simple rénovation. L'ambition est de repenser l'hôpital dans sa globalité, en intégrant une architecture moderne et des services inédits. Parmi les priorités figure la création d'un centre d'oncologie, une spécialité actuellement absente de l'offre de soins publique guinéenne. Ce nouvel établissement sera également doté d'équipements de pointe, accompagnés d'un programme de renforcement des compétences techniques pour le personnel médical, garantissant une prise en main optimale des nouvelles installations.
Logistique de transition au Camp Camayenne
Pour permettre le lancement des travaux, estimé à quatre ans, les autorités ont ordonné le transfert immédiat des services vers le Camp Camayenne. Contrairement aux précédentes expériences de rénovation, l'intégralité du site, incluant l'hôpital militaire, a été mobilisée pour assurer la continuité des soins. Cette infrastructure dispose déjà de blocs opératoires, de laboratoires et de services d'imagerie, permettant une transition opérationnelle rapide. Le ministère prévoit de rendre le site totalement fonctionnel d'ici un mois, après des travaux d'adaptation nécessaires.
Engagement de continuité pour les patients
La phase de transition s'accompagne de mesures de protection pour les usagers. La ministre a précisé que l'État prend en charge financièrement les patients actuellement hospitalisés, qu'ils aient été redéployés vers l'Hôpital national Donka ou vers la Sino-Guinéenne de santé. Cette gratuité des soins est garantie jusqu'à la sortie des patients concernés. Parallèlement, un inventaire des équipements médicaux existants a été réalisé : le matériel fonctionnel sera réutilisé au Camp Camayenne, tandis que les dispositifs obsolètes seront traités selon les normes environnementales en vigueur.
Préservation du patrimoine et calendrier
Si la modernisation est le maître-mot, le gouvernement affirme sa volonté de conserver l'héritage historique de l'établissement. La reconstruction cherchera à intégrer des éléments de mémoire et une dimension culturelle au sein du futur hôpital. Avec une volonté politique affichée de démarrer le chantier avant la fin de l'année, les autorités guinéennes espèrent transformer Ignace Deen en un pôle de référence sous-régional, bien que le coût global du projet reste à préciser à l'issue de la phase de déménagement.