En 2023, la Guinée a reçu plus de 7,7 milliards de dollars d’investissements directs étrangers, principalement liés au projet minier de Simandou. Malgré ce record africain, les bénéfices économiques pour le pays et ses entreprises restent très circonscrits.
Record d’IDE en 2023, mais qui en profite ?
Le flux d’IDE a été largement alimenté par le lancement de la mine de fer de Simandou, dont la mise en production a débuté en novembre 2025. Si le montant total place la Guinée en première position du continent, la majeure partie des capitaux a été mobilisée par des acteurs étrangers, notamment pour l’achat d’équipements et la construction d’infrastructures de transport.
Les contrats de Simandou dominés par des entreprises étrangères
Selon Oumar Barry Totiya, directeur de l’Observatoire guinéen des mines et métaux, les travaux de génie civil, les rails et le terminal portuaire de Moribaya ont été attribués à des entreprises chinoises, tandis que l’ingénierie lourde de la mine a été confiée à des sociétés portugaises. Les seules opportunités locales se sont limitées à des sous‑traitances dans la sécurité, la restauration et de modestes travaux de terrassement, jugées insuffisantes par le président du GOHA, Chérif Mohamed Abdallah Haïdara.
Conséquences pour la balance des paiements et le pouvoir d’achat
L’économiste Bella Bah souligne que sur les 7,7 milliards de dollars d’IDE, à peine un milliard a été transféré sur les comptes bancaires guinéens. Cette entrée de devises, bien que modeste, contribue à soutenir le franc guinéen et à stabiliser les prix des produits importés tels que le riz, la farine et le sucre. Un afflux plus important aurait permis d’éviter les retards de paiement et de livraison, renforçant ainsi la stabilité des marchés locaux.
Perspectives et exigences des acteurs guinéens
Le projet Simandou requiert encore entre 13 et 15 milliards de dollars d’investissements supplémentaires. Les représentants du secteur privé appellent l’État à mettre en place des mécanismes de soutien afin que les futures phases du projet bénéficient davantage aux entreprises nationales. Ils ne s’opposent pas à la présence étrangère, mais demandent une répartition plus équitable des marchés pour éviter une dépendance exclusive aux firmes internationales.