Depuis plus de huit mois, l’empire Castel, géant français de la bière et du vin, est secoué par une guerre larvée entre la famille fondatrice et son directeur général. Romy et Alain Castel, héritiers de Pierre Castel, accusent Gregory Clerc de manœuvres pour les écarter de la gouvernance et s’approprier le groupe, qui détient des marques africaines emblématiques comme Pils, Bock ou Beck’s.
Un conflit aux racines stratégiques et familiales
Les tensions au sein du groupe Castel, fondé par Pierre Castel et aujourd’hui dirigé par Gregory Clerc, ne datent pas d’hier. Depuis 2023, les héritiers dénoncent une stratégie délibérée visant à les exclure des structures opérationnelles et de la gouvernance. Romy Castel, fille du fondateur, et Alain Castel, son neveu, estiment que Clerc cherche à s’emparer d’un empire qui inclut des cavistes comme Nicolas, des vins comme Baron de Lestac, et des bières africaines parmi les plus connues du continent.
Leur principal grief ? Une gouvernance opaque et des décisions unilatérales qui, selon eux, sapent l’héritage familial. La branche historique Castel Vins aurait déjà été affectée par ces manœuvres, privant la famille de son influence sur une partie du groupe. Les héritiers pointent également du doigt un salaire jugé excessif pour le directeur général, dans un contexte où l’entreprise affiche des ambitions africaines majeures.
Des accusations de prise de contrôle et une bataille judiciaire imminente
Le week-end dernier, Romy et Alain Castel affirment avoir déjoué une tentative de prise de contrôle du groupe par Gregory Clerc. Une décision judiciaire est attendue à l’automne pour trancher ce conflit, qui pourrait redéfinir l’avenir de Castel et de ses marques phares en Afrique. Les héritiers dénoncent une « fuite en avant irresponsable », craignant que l’entreprise ne soit pilotée à leur insu vers des choix stratégiques contraires à l’intérêt familial.
Cette guerre d’usure, qui mêle enjeux de pouvoir et divergences sur la gestion, met en lumière les défis des entreprises familiales confrontées à des transitions générationnelles complexes. Pour Castel, dont les activités s’étendent de l’Europe à l’Afrique, le risque est double : perdre le contrôle familial tout en voyant ses marques africaines, comme Pils ou Beck’s, devenir des pions dans une bataille interne.
L’Afrique, enjeu central du conflit
Le groupe Castel est un acteur historique du secteur brassicole et viticole en Afrique, où ses marques comme Pils, Bock ou Beck’s sont des références. La région représente un marché stratégique pour l’entreprise, mais aussi un symbole de son héritage. Les héritiers accusent Gregory Clerc de vouloir recentrer la stratégie sur d’autres zones géographiques, au détriment des intérêts africains du groupe.
Si la famille Castel venait à perdre le contrôle, ce ne serait pas seulement une question de gouvernance : ce serait aussi l’avenir de ses marques africaines qui pourrait être remis en cause. Les consommateurs et les partenaires du continent suivront de près l’issue de ce conflit, qui pourrait impacter des décennies de présence et d’influence de l’entreprise en Afrique.