Le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran provoque des perturbations majeures sur les chaînes d'approvisionnement énergétique mondiales. Alors que le 25e Congrès mondial du pétrole se tient à Riyad malgré un récent attentat, les États et les entreprises font face à une insécurité croissante et à une érosion rapide des réserves stratégiques.
Des points de passage sous haute tension
La dépendance mondiale aux hydrocarbures du Moyen-Orient repose sur des corridors maritimes étroits, désormais menacés. Avant le conflit, près de 27 % du commerce mondial de pétrole par voie maritime et 20 % du gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit d'Ormuz. L'instabilité régionale, couplée aux tensions en mer Rouge, contraint les navires à emprunter des itinéraires plus longs autour de l'Afrique. Cette situation est critique, notamment pour le détroit d'Ormuz, qui ne dispose d'aucune alternative maritime viable pour le transport de volumes massifs de cargaisons.
Une vulnérabilité accrue pour les importateurs
La hausse des coûts et les délais d'acheminement pèsent lourdement sur les économies dépendantes des exportations du Golfe. Certains pays africains et asiatiques sont particulièrement exposés : l'Érythrée et Madagascar importent environ 90 % de leur pétrole de cette région, suivis par le Pakistan, le Japon et le Kenya. Pour le gaz naturel, la situation est plus complexe encore, car la majorité des approvisionnements transitent sous forme liquéfiée via Ormuz. Des pays comme la Corée du Sud, l'Inde et Taïwan, fortement dépendants de ces flux, subissent de plein fouet la raréfaction des cargaisons et la flambée des prix de l'électricité.
L'épuisement des stocks d'urgence
Face à ces ruptures, les réserves stratégiques mondiales, qui servaient de tampon, atteignent des niveaux préoccupants. Les États-Unis disposent de leur plus faible niveau de réserve pétrolière stratégique depuis 1982. Selon Amin Nasser, dirigeant de Saudi Aramco, les inventaires commerciaux disponibles sont devenus extrêmement limités. Bien que l'Agence internationale de l'énergie ait libéré des volumes records, les nouvelles tensions et les menaces sur les infrastructures maintiennent les cours du pétrole au-dessus de 100 dollars le baril. La Chine demeure, à ce jour, le pays détenant les plus vastes réserves mondiales, avec une capacité estimée à 1,4 milliard de barils.