Depuis le 14 septembre 2026, les attaques des Houthis contre les infrastructures saoudiennes, notamment un pipeline de carburant, ont relancé le débat sur les responsabilités dans la guerre du Yémen, où la coalition dirigée par l'Arabie Saoudite mène des frappes aériennes depuis 2015.
Bombardements saoudiens et leurs conséquences humanitaires
Selon les données présentées, la campagne de bombardements de la coalition a fait plus de 12 000 morts parmi les civils yéménites. La crise alimentaire touche 3,3 millions d’enfants et de mères allaitantes, qui souffrent de malnutrition aiguë, tandis que le choléra se propage largement. Ces chiffres, évoqués dès 2017, restent d’actualité et illustrent l’ampleur de la détresse générée par les frappes sur les écoles, les hôpitaux et les lieux de rassemblement.
Le rôle des États‑Unis et les dynamiques géopolitiques
Les États‑Unis soutiennent militairement la coalition depuis 2015. Le dernier grand raid américain, mené en mars 2025, a fait 153 victimes civiles et 243 blessés, dont des femmes et des enfants. Cette implication a diminué récemment, les États‑Unis étant occupés par le conflit en Iran et par leurs élections de mi‑mandat. Malgré cela, Washington a engagé des pourparlers avec les Houthis à l’ambassade d’Oman pour sécuriser le détroit de Bab al‑Mandab, essentiel au commerce maritime.
Coalition régionale et ambitions territoriales
Outre l’Arabie Saoudite, la coalition comprend Bahreïn, le Koweït, le Qatar, la Jordanie, les Émirats arabes unis, le Soudan, l’Égypte et le Maroc. Les Émirats ont profité du chaos pour occuper l’île de Socotra et plusieurs ports et aéroports, les revendiquant comme territoires émiratis. Les Houthis, quant à eux, ont consolidé le contrôle du détroit de la mer Rouge et des îles de Grande et Petite Hanish, renforçant leur position stratégique.
Origines du conflit et évolution du pouvoir yéménite
Le conflit trouve ses racines dans l’exclusion politique des Houthis sous le président Ali Abdullah Saleh, qui a déclenché des protestations massives dès 2010. Après la démission de Saleh, le président Abd Rabbuh Mansur Hadi a été installé, mais les Houthis ont pris la capitale Sanaa le 20 janvier 2015, forçant Hadi à fuir. La coalition a alors soutenu le gouvernement de Hadi, aujourd’hui considéré comme « gouvernement reconnu », bien que son leadership ait disparu après la mort du président en exil à Riyad le 28 mai 2026.
Stratégies militaires et perspectives d’escalade
Les experts yéménites soulignent que la doctrine militaire des Houthis repose sur la guérilla, exploitant les terrains montagneux pour compenser leur faiblesse côtière. Cette approche rend les opérations saoudiennes coûteuses et complexes, rappelant les impasses rencontrées par les États‑Unis au Vietnam et en Afghanistan. Si la coalition persiste dans une escalade, le Yémen pourrait devenir un nouveau cimetière de forces extérieures, tandis qu’une négociation de paix resterait la seule issue pour mettre fin à la crise humanitaire qui perdure depuis plus d’une décennie.